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Nucléaire iranien: renvoi des discussions devant les ambassadeurs à l'ONU

Washington - Les six grandes puissances ne sont pas parvenues à aplanir samedi leurs divergences sur le contenu d'une nouvelle résolution de l'ONU sur l'Iran.

Lundi, l'Union européenne (UA) devrait appuyer les efforts américains dans ce sens.

«Il y a encore du travail à faire sur certains problèmes irrésolus, mais toutes les parties demeurent déterminées à adopter une deuxième résolution dans un avenir proche», a indiqué un porte-parole du département d'Etat américain, Curtis Cooper, dans un communiqué.

«Les discussions vont maintenant se passer à New York où nos représentants permanents aux Nations unies vont se mettre à travailler sur ce problème», a-t-il ajouté. Les six grandes puissances en question sont les membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU (Etats-Unis, Chine, Russie, France, Grande-Bretagne) ainsi que l'Allemagne («5 & 1»).

Pas encore de consensus

Une nouvelle téléconférence s'est tenue samedi entre les directeurs politiques des ministères des affaires étrangères des six pays pour trouver un consensus sur le texte d'une nouvelle résolution sanctionnant l'Iran qui refuse de renoncer aux aspects controversés de son programme d'enrichissement d'uranium.

La diplomatie américaine avait fait état de progrès la semaine dernière en vue d'un consensus sur ce nouveau texte et espérait que les ambassadeurs des «Six» à l'ONU pouvaient commencer dès cette semaine prochaine à travailler sur un projet de résolution du Conseil de sécurité.

Mais les entretiens de samedi n'ont pas abouti au résultat souhaité par Washington, à savoir que les «5 & 1» s'accordent sur le contenu d'une nouvelle résolution pendant la téléconférence.

Nouvelles interdictions

Des diplomates américains et européens ont déclaré que les nouvelles sanctions devraient probablement comporter une interdiction de voyager pour les responsables iraniens impliqués dans le programme nucléaire et un rallongement de la liste des matériaux et technologies nucléaires que l'Iran ne peut ni importer ni exporter.

Mais, selon des diplomates, l'idée d'un embargo total sur les armes a été abandonnée face aux objections de Moscou, tout comme celle d'une interdiction de visas pour les Iraniens étudiant la technologie nucléaire à l'étranger.

Les négociateurs ont aussi évoqué de possibles restrictions aux crédits à l'exportation consentis par les gouvernements à des entreprises commerçant en Iran. Washington fait pression pour que les pays européens suspendent ces crédits.

De leur côté, les ministres des Affaires étrangères de l'UE se rencontrent lundi et devraient notamment soutenir les efforts d'élaboration d'un nouveau texte condamnant Téhéran.

La «double approche» de l'UE

«Pour l'Iran, la question qui se pose est de savoir comment mettre en place un processus parallèle, d'une part les négociations et d'autre part les discussions au Conseil de sécurité de l'ONU pour envisager de nouvelles sanctions», a indiqué un diplomate européen.

L'UE est très attachée à cette «double approche». Tout en insistant sur la nécessité de laisser la porte ouverte à des négociations avec Téhéran, l'Union a soutenu en décembre l'adoption par le Conseil de sécurité de sanctions limitées contre l'Iran.

Parallèlement dimanche, le sous-secrétaire d'Etat au Trésor américain chargé du terrorisme et des renseignements financiers, Stuart Levey, devait s'entretenir avec les dirigeants israéliens sur les moyens de renforcer les sanctions contre l'Iran.

Parmi les propositions discutées figuraient un éventuel boycott des banques et entreprises étrangères impliquées dans le programme nucléaire iranien, une interdiction des vols en direction de l'Iran ou à partir de ce pays, ainsi que le gel des échanges de sportifs et d'étudiants.

(ats)

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