Nucléaire: Téhéran affirme qu'il ne cèdera rien
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Nucléaire: Téhéran affirme qu'il ne cèdera rien

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a affirmé samedi à son homologue syrien Bachar al-Assad, en visite à Téhéran, que l'Iran ne céderait pas un pouce sur ses droits au programme nucléaire.

Il a toutefois salué les discussions sur le dossier.

«Nous participerons à toutes les négociations et nous discuterons de tous les sujets qui servent la consolidation de nos droits en matière de nucléaire», a déclaré M. Ahmadinejad, cité sur le site internet de la présidence.

«La nation iranienne ne cédera pas un pouce sur ses droits au nucléaire», a-t-il toutefois affirmé lors d'entretiens avec le dirigeant syrien arrivé dans l'après-midi.

Le délai de quinze jours fixé par les grandes puissances pour répondre à leur offre de coopération en échange d'une suspension de son enrichissement d'uranium expirait samedi.

Délai pas strict

Lors d'une rencontre avec le négociateur iranien du nucléaire Saïd Jalili à Genève le 19 juillet, les cinq membres permanents du Conseil de sécurité et l'Allemagne avaient accordé deux semaines à Téhéran pour donner une réponse claire à leur offre.

Celle-ci contient des mesures de coopération économique et politique en échange de la suspension par Téhéran de ses activités d'enrichissement d'uranium.

Des sources américaines et européennes ont indiqué depuis la rencontre du 19 juillet que le délai de deux semaines n'était pas strict.

La Syrie confiante

Toutefois, la porte-parole de la Maison Blanche Dana Perino a prévenu vendredi que les Iraniens «vont au-devant de conséquences négatives s'ils ne donnent pas une réponse positive à l'ensemble de nos très généreuses mesures incitatives, et cela pourrait être sous la forme de sanctions».

Lors d'une visite de M. Assad en France à la mi-juillet, le président français, Nicolas Sarkozy, lui avait demandé de convaincre l'Iran d'apporter les preuves que son programme nucléaire était purement civil.

Samedi, le président syrien a de nouveau exprimé sa conviction que l'Iran n'avait aucune intention de posséder l'arme nucléaire, alors que les puissances occidentales pensent le contraire.

Damas aux côtés de Téhéran

«Nous avons dit aux Européens que la Syrie croit que chaque pays, y compris l'Iran, a le droit d'enrichir de l'uranium et d'avoir un programme nucléaire en respect des traités internationaux», a déclaré M. Assad, selon le site de la présidence iranienne.

«La Syrie se tient fermement aux côtés de l'Iran et ne changera pas sa position», a déclaré M. Assad, engagé dans des négociations indirectes de paix avec Israël et pressé par ce dernier de rompre ses liens avec l'Iran.

En écho, M. Ahmadinejad a déclaré que «certains pays se trompent en voulant créer un fossé entre l'Iran et la Syrie. Les deux nations se tiendront toujours aux côtés l'une de l'autre».

Coopération militaire

Coutumier du fait, M. Ahmadinejad s'en est pris violemment à Israël. «Le régime sioniste a perdu sa raison d'être et ne peut plus diriger les politiques américaines et européennes dans la région. Il est donc voué à l'anéantissement.»

Il s'agit de la troisième visite du président syrien en Iran depuis l'élection de M. Ahmadinejad en 2005, la dernière remontant à février 2007.

L'alliance entre les deux pays, vieille de 30 ans, s'est renforcée en 2006 avec la signature d'un accord de coopération militaire.

(ats)

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