Genève: Nuit de la science: quand le vin se change en eau

Publié

GenèveNuit de la science: quand le vin se change en eau

La 13e édition du rendez-vous proposé par le Musée d’histoire des sciences s’est tenue ce week-end à la Perle du Lac. Plusieurs milliers de personnes ont pu s’émerveiller.

par
Léonard Boissonnas
1 / 8
La Nuit de la science, à la Perle du Lac, a fait un carton plein, après quatre ans d’absence. De 300 à 400 scientifiques ont été mobilisés pour la manifestation.

La Nuit de la science, à la Perle du Lac, a fait un carton plein, après quatre ans d’absence. De 300 à 400 scientifiques ont été mobilisés pour la manifestation.

20min/Leo
Stefan Schneider, de la Faculté des sciences de l’Université,  sur un vélo permettant de réaliser l’énergie produite à la force des mollets.

Stefan Schneider, de la Faculté des sciences de l’Université,  sur un vélo permettant de réaliser l’énergie produite à la force des mollets.

20min/Leo
20min/Leo

Physique, biologie, chimie, astronomie ou encore mathématiques: les amateurs de sciences et les curieux étaient à la fête, ce samedi et dimanche, à l’occasion de la Nuit de la science. Organisé autour et dans le Musée d’histoire des sciences, au parc de la Perle du Lac, l’événement, censé être bisannuel, revenait pour la première fois depuis quatre ans. Le Covid a bien sûr empêché la tenue d’une édition en 2020.

Et les Genevois, pour beaucoup en famille, ont été très nombreux à s’y rendre pour rencontrer les scientifiques des différentes institutions: Université de Genève (UNIGE), Haute école du paysage, d’ingénierie et d’architecture (HEPIA), Muséum d’histoire naturelle, Musée d’histoire des sciences, Jardin botanique, CERN ou EPFL.

Vingt-sept cyclistes nécessaires pour les besoins d’une personne

Parmi les nombreuses animations des vingt-cinq stands que comptait la manifestation, celui de la Faculté des sciences de l’UNIGE proposait aux visiteurs de mesurer avec leurs propres efforts les besoins en énergie de tout un chacun au quotidien. Un vélo statique, avec une dynamo sur la roue arrière reliée à un ordinateur,  permettait en effet de calculer les watts produits à la force du mollet. Alors qu’un jeune homme venait de pédaler à fond pendant trois minutes, l’écran affichait ce à quoi correspondait son déploiement d’énergie: de quoi recharger seulement 10% d’un smartphone, faire chauffer 20% d’une tasse à café ou encore  produire 0,02% de l’énergie nécessaire pour faire rouler une voiture à 20km/h. Pour une douche, il lui aurait fallu pédaler 600 minutes.

«On voit que faire un effort intense de trois minutes correspond à l’énergie d’une ancienne ampoule de 100 watts, expliquait samedi un collaborateur. Les gens sont étonnés de constater la part infime d’énergie qu’ils produisent.» De son côté, Stefan Schneider, responsable du stand et collaborateur scientifique à l’UNIGE, résumait: «Pour les besoins énergétiques d’une seule personne, il faudrait faire pédaler vingt-sept personnes à fond 24h/24 toute l’année.»

Soleil et Lune dans le viseur

Un stand bien fréquenté a été celui de la Société astronomique de Genève et du Club d’Astronomie du Pays de Gex, qui offraient la possibilité de scruter les astres via une batterie de télescopes. Samedi, dans l’après-midi, le soleil était dans la ligne de mire, mais les caprices de la météo, nuageuse, ont perturbé l’observation: «Il était couvert jusqu’à 17h45», relatait Marc Dumas, président de la Société astronomique.

À la nuit tombée, c’était bien sûr la lune qui était dans le viseur des curieux: «Elle est encore trop lumineuse, observait le scientifique. La nuit astronomique en juillet commence à minuit et on doit conclure vers 23h.» Toutefois, pas de quoi entamer son enthousiasme: «Cela fait du bien d’être là à nouveau, cela faisait quatre ans avec le Covid, poursuivait l’astronome. On remarque que beaucoup n’ont jamais observé la lune, je trouve ça bien, c’est notre mission. En plus, les gens sont patients, il y a une bonne ambiance.»

Un bar à cocktail chimique

À côté du Musée d’histoire des sciences, où étaient situés les points de restauration et de boissons, un bar à cocktail un peu spécial: le Chimi’s bar, proposé par la section chimie, biochimie et le Chimiscope de l’Université. «Le bartender réalise une réaction chimique avec des produits que nous utilisons tous les jours, sauf qu’ici c’est ludique et sans bécher», a indiqué Nolwenn, médiatrice scientifique.

Derrière ses shakers et autres contenants, le barman chimiste était chargé de prendre les commandes, qui passaient de liquide à mousse ou d’une couleur à l’autre, à coups de pipette: «La demoiselle demande un verre d’eau? Essayons!» Remplissant un verre d’un liquide rouge, qui ressemblait à s’y méprendre à du vin, le scientifique a vite fait de le transformer en une sorte de coca. Puis, avec un dernier mélange, c’est de l’eau (ou presque) qui est apparue. Évidemment, aucune de ces mixtures n’était potable, a précisé Nolwenn: «Les gens sont très déçus, mais c’est pour leur bien.»

«Les stands étaient pleins»

«C’était une belle édition, déclarait ce dimanche Laurence-Isaline Stahl Gretsch, chargée de projet, à l’heure de tirer le bilan de la manifestation. Les stands étaient pleins, le public est venu.» Difficile toutefois de chiffrer exactement l’affluence dans un parc ouvert, mais elle estime que des dizaines de milliers de personnes étaient au rendez-vous: «C’est très difficile à quantifier, mais il y a eu en tout cas le même nombre d’entrées dans le Musée d’histoire des sciences qu’il y a quatre ans.» La prochaine édition est prévue dans deux ans.

Ton opinion

12 commentaires