TRACY CHAPMAN: Nuit douce avec une lionne
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TRACY CHAPMANNuit douce avec une lionne

Tracy Chapman sait jouer de tout: guitare électrique, harmonica, tambours et émotions du public. Elle l'a prouvé encore vendredi soir sur la Grande Scène du Paléo.

Elle n'a que sa voix, sa guitare. Et c'est tout. Pas de danseuses. Pas de light show hallucinant. Rien. La simplicité pure. Le public pourtant adore, applaudit, ovationne, agite fiévreusement briquets et téléphones portables, reprend en chœur les tubes engagés de cette enfant faussement sage de l'Amérique profonde. Tracy Chapman écrit et chante des textes torturés, politiquement engagés. Elle est anti-Bush, pro-Mandela. Par ses chansons, elle défend la cause des femmes et des pauvres, les sans-voix. Des thèmes qui d'habitude ennuient. Mais ses ballades ont quelque chose de nostalgique et de mélancolique qui touche profondément. On entend Mrs Nobody chanter I want to be someone. Car Tracy a une présence inexplicable sur scène, même si elle se cache sans cesse sous ses longs cheveux tressés. Le public ignore tout d'elle, alors que chacun de ses textes semble parler de sa vie et de ses mésaventures. Le monde est triste, selon Tracy Chapman. A Nyon, vendredi soir, ce message a emballé la foule qui en redemandait. Mais après avoir interprété in fine ses deux immenses titres phares Talkin' Bout A Revolution et Baby Can I Hold You, Tracy Chapman est partie au bout d'un rappel seulement. So triste !

Giuseppe Melillo & Catherine Hurschler

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