Grippe A/H1N1: Nyon met le virus en boîte, Genève et Lausanne s'y refusent
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Grippe A/H1N1Nyon met le virus en boîte, Genève et Lausanne s'y refusent

Dès septembre, l'hôpital de Nyon accueillera ses patients porteurs de la grippe A dans deux containers installés à l'extérieur de l'établissement. La mesure ne devrait pas faire d'émule auprès des hôpitaux universitaires de la région.

par
tpi

Le dispositif extraordinaire de l'hôpital de Nyon dévoilé hier par La Côte ne trouve pas d'écho auprès de ses deux grands frères genevois et lausannois. Aux hôpitaux universitaires de Genève, on estime que la solution n'est pas adaptée au fonctionnement de l'établissement. «Elle n'est pas du tout dans l'air du temps, affirme Pierre Brennenstuhl, car elle a tendance à diviser les équipes. Un plan de tri extérieur avancé nécessite des ressources». Pas question, donc, pour le délégué sécurité à la direction des HUG, de s'inspirer du modèle nyonnais et de remanier l'accueil des malades.

À Genève, les patients suspects qui arrivent pour une consultation aux urgences sont pris en charge dès leur entrée dans le bâtiment. Un système de tri médical rapide attend les 10 à 25 personnes qui viennent quotidiennement faire contrôler leurs symptômes grippaux. On leur met un masque de protection avant même de vérifier leur température. C'est un dispositif plus souple, et qui peut être appliqué à l'ensemble des bâtiments des HUG.

Même son de cloche à Lausanne, où le container nyonnais n'est pas non plus à l'ordre du jour. «Nos locaux sont suffisamment grands pour nous permettre d'aménager une zone d'accueil des cas suspects à l'intérieur du bâtiment», explique le directeur médical opérationnel du CHUV, Jean-Blaise Wasserfallen. Il explique, en outre, qu'il n'est pas nécessaire de dédier une filière séparée pour le virus A/H1N1 pour le moment. Car on sait désormais qu'il n'est pas trop dangereux. La prise en charge reste ainsi la même que dans le cas d'une grippe saisonnière. Et actuellement, «on est pas débordé au CHUV», assure Jean-Blaise Wasserfallen.

Les dispositifs actuels étant jugés satisfaisants, les hôpitaux universitaires semblent attendre l'arrivée de l'épidémie avant de déployer des mesures plus drastiques. A Genève, le seuil épidémiologique sera atteint lorsque 40 à 50 cas de grippe seront dépistés chaque jour aux urgences des HUG. A ce moment-là, «on masquera tout le monde aux urgences, patients comme personnel soignant, avant que l'on masque tout le monde dans l'hôpital» suivant l'évolution de la maladie. Le dispositif durera le temps de l'épidémie, soit environ douze semaines selon les prévisions de Pierre Brennenstuhl. «On a pour plus d'un année de consommation de masques à bord», assure-t-il.

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