Actualisé 20.02.2016 à 14:18

SyrieObama appelle Ankara et les Kurdes à la retenue

Le président américain a parlé vendredi à son homologue Erdogan. Les versions des deux pays diffèrent.

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Les présidents russe Vladimir Poutine et américain Barack Obama se sont déclarés prêts, lors d'une conversation téléphonique, «à intensifier la coordination» militaire entre les deux pays en Syrie, a annoncé le Kremlin. (Mercredi 6 juillet 2016)

Les présidents russe Vladimir Poutine et américain Barack Obama se sont déclarés prêts, lors d'une conversation téléphonique, «à intensifier la coordination» militaire entre les deux pays en Syrie, a annoncé le Kremlin. (Mercredi 6 juillet 2016)

Keystone
Pour la première fois depuis 2012, un convoi humanitaire, composé de 37 camions, est parvenu à ravitailler les villes de Zamalka et Erbine dans les environs de Damas en Syrie.

Pour la première fois depuis 2012, un convoi humanitaire, composé de 37 camions, est parvenu à ravitailler les villes de Zamalka et Erbine dans les environs de Damas en Syrie.

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Des rebelles syriens ont progressé en direction d'une importante ville frontalière avec l'Irak. Ils se sont emparés d'une petite base aérienne tenue par l'Etat islamique (EI). (Image d'illustration, 13 mars 2014)

Des rebelles syriens ont progressé en direction d'une importante ville frontalière avec l'Irak. Ils se sont emparés d'une petite base aérienne tenue par l'Etat islamique (EI). (Image d'illustration, 13 mars 2014)

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Le président Barack Obama s'est entretenu par téléphone vendredi avec son homologue turc Recep Tayyip Erdogan, appelant Ankara et les milices kurdes des YPG à «faire preuve de retenue» dans le nord de la Syrie.

«Le président Obama a souligné que les forces YPG (ndlr: les Unités de protection du peuple, bras armé de la principale formation kurde en Syrie) ne devaient pas profiter des circonstances dans cette région pour s'emparer de nouveaux territoires, et a appelé la Turquie à faire preuve d'une retenue réciproque en cessant les frappes d'artillerie dans le secteur», indique le communiqué de la Maison-Blanche rapportant les propos échangés par les deux chefs d'Etat.

La tonalité de la version turque de cet entretien téléphonique diffère légèrement. Les tensions sont en tout cas bien palpables. En effet, la présidence turque a conclu vendredi que Barack Obama l'avait assurée de son soutien dans le conflit syrien au cours de la journée. Quelques heures plus tôt s'était tenu l'échange tendu entre les deux alliés sur le rôle des milices kurdes en Syrie.

Ankara a fait état d'une conversation téléphonique d'une heure et vingt minutes pendant laquelle le président américain a déclaré à son homologue turc Tayyip Erdogan qu'Ankara avait le droit à l'autodéfense.

YPG dans le collimateur turc

La Turquie accuse les forces kurdes syriennes YPG d'avoir commis l'attentat qui a fait 28 morts, des soldats pour la plupart, mercredi à Ankara. Mais les YPG ont démenti et l'attaque a été revendiquée vendredi par un groupe kurde dissident du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

Dans la journée, Tayyip Erdogan a mis en cause son allié américain en déclarant que des armes fournies par les Américains aux YPG avaient été utilisées contre des civils. Le Département d'Etat américain, qui considère les YPG comme un allié précieux dans la lutte contre le groupe Etat islamique, a répondu que les Etats-Unis n'avaient fourni «aucune arme d'aucune sorte» aux Unités de protection du peuple.

Devant des journalistes à Istanbul, Erdogan s'est déclaré déçu que les Occidentaux ne classent pas le PYD (Parti de l'Union démocratique), qu'Ankara voit comme une filiale syrienne du PKK, comme organisation terroriste. Les YPG sont le bras armé du PYD.

Crispation

«Je lui dirai: Regardez à quoi ces armes que vous avez fournies ont servi», a déclaré le président turc en évoquant sa conversation à venir avec Barack Obama.

«Il y a plusieurs mois, je lui ai dit que les Etats-Unis fournissaient des armes. Trois cargaisons d'avion sont arrivées, la moitié a fini entre les mains de Daech et l'autre moitié entre les mains du PYD», a affirmé Tayyip Erdogan. «Contre qui ces armes ont-elles été utilisées? Contre des civils.»

Le président turc semblait faire allusion à l'envoi par avion, fin 2014, d'une aide militaire aux combattants kurdes luttant contre l'EI près de Kobané. Le Pentagone avait alors reconnu qu'un des 28 «paquets» alors parachutés avait été récupéré par Daech, ajoutant par la suite qu'il avait détruit cette aide lors d'une frappe aérienne. (nxp/afp)

(NewsXpress)

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