Actualisé 13.07.2016 à 20:19

Soudan du Sud

Obama envoie des soldats pour protéger l'ambassade

La capitale Juba était calme mercredi, deux jours après un cessez-le-feu décrété après quatre journées de combats violents.

Aucun bilan des quatre jours de combats n'est disponible.

Aucun bilan des quatre jours de combats n'est disponible.

photo: Reuters

Le président des Etats-Unis Barack Obama a annoncé mercredi l'envoi de forces au Soudan du Sud, théâtre ces derniers jours de violents affrontements, pour protéger l'ambassade américaine à Juba et son personnel.

Les 47 premiers soldats sont arrivés sur place mardi et quelque 130 autres, actuellement à Djibouti, sont prêts à les rejoindre «si nécessaire», a précisé l'exécutif américain.

Cessez-le-feu respecté

La capitale sud-soudanaise a connu mercredi une deuxième journée sans combats, permettant les premières évacuations de ressortissants étrangers depuis l'aéroport de Juba. Environ 20'000 réfugiés ayant fui leurs foyers étaient en revanche bloqués par l'armée à la frontière avec l'Ouganda.

Juba a été le théâtre, de vendredi à lundi, d'affrontements entre forces fidèles au président Salva Kiir et ex-rebelles aux ordres du vice-président Riek Machar. La présidente de la Commission de l'Union africaine (UA) a incriminé les deux dirigeants pour cette violence meurtrière.

Un cessez-le-feu décrété lundi soir par MM. Kiir et Machar a jusqu'à présent été respecté: aucun tir n'a été entendu mercredi, aucun hélicoptère de combat n'a été vu dans le ciel et les rues retrouvaient petit à petit une activité normale, a rapporté un correspondant de l'AFP.

Amnistie décrétée

Mercredi soir, Salva Kiir a par ailleurs décrété une amnistie pour les combattants fidèles à Riek Machar ayant pris part à ces combats, selon un communiqué de la présidence.

Mais le patron des opérations de maintien de la paix de l'ONU, Hervé Ladsous, a estimé mercredi «qu'on ne peut pas exclure de nouveaux affrontements» à Juba et signalé une «mobilisation» des forces gouvernementales et ex-rebelles autour de Malakal (nord-est) et Leer (nord). L'ONG Médecins sans frontières s'est elle inquiétée de combats à Wau (ouest), théâtre d'affrontements depuis plusieurs semaines, ainsi qu'à Leer.

A l'aéroport de Juba, des avions ont décollé, notamment des charters procédant à l'évacuation de certains travailleurs humanitaires, mais les vols commerciaux restaient suspendus. La compagnie Kenya Airways a indiqué qu'elle reprendrait ceux-ci à partir de jeudi, depuis Nairobi.

En attendant, Berlin a annoncé que les étrangers étaient en cours d'évacuation, notamment grâce à l'armée de l'air allemande. Les Etats-Unis et l'Inde ont eux affrété des vols pour évacuer leurs ressortissants jeudi tandis qu'un convoi de l'armée ougandaise faisait route vers la périphérie de Juba pour récupérer ses nationaux.

Centaines de morts

Aucun bilan des quatre jours de combats n'est disponible. La plupart des acteurs s'accordent toutefois à dire que «des centaines» de personnes, militaires et civils, dont deux Casques bleus chinois, ont été tuées dans ce déferlement de violence. Ce dernier met désormais gravement en péril un accord de paix signé en août 2015.

Le Soudan du Sud, indépendant depuis 2011, est déchiré depuis décembre 2013 par une guerre civile marquée par des massacres inter-ethniques. Le conflit a déjà fait des dizaines de milliers de morts et près de trois millions de déplacés.

A Nimule, à 200 kilomètres au sud de la capitale, le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés estime à environ 20'000 le nombre de déplacés souhaitant passer la frontière vers l'Ouganda. Mais rares sont ceux qui y parviennent.

«Les soldats près de la frontière battent les gens pour les forcer à rebrousser chemin», témoigne Mary Modo, une mère de cinq enfants. «Nous sommes passés, mais quand nous sommes arrivés à la frontière, les soldats m'ont obligée à laisser là-bas tout ce que j'avais. Je n'ai gardé que deux casseroles, les vêtements que mes enfants et moi avions, avec un de rechange chacun, et mon sac à main».

UA: «totalement inacceptable»

La présidente de la Commission de l'UA, la Sud-Africaine Nkosazana Dlamini-Zuma, a qualifié la situation de «totalement inacceptable». «Les gouvernements et dirigeants existent pour (...) servir le peuple, non pour être la cause de (ses) souffrances», a-t-elle affirmé à Kigali lors d'une réunion préparatoire à un sommet qui doit s'ouvrir dimanche.

Au moins 36'000 habitants de Juba apeurés ont dû fuir leurs foyers en raison de la récente flambée de violence. Ils se sont réfugiés dans les installations de l'ONU, les églises et les écoles de la capitale, selon l'ONU. Cette ville de plus de 1,5 million d'habitants doit de plus surmonter un approvisionnement en eau défaillant, a rapporté le correspondant de l'AFP. (nxp/ats/afp)

(NewsXpress)

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