Tournée africaine: Obama est en Tanzanie
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Tournée africaineObama est en Tanzanie

Barack Obama est arrivé lundi en Tanzanie, ultime étape de sa première grande tournée africaine en tant que président américain. Il a souligné les «énormes» opportunités économiques qu'offre le continent africain.

Accueilli à l'aéroport de Dar es-Salaam par son homologue tanzanien Jakaya Kikwete, M. Obama a ensuite directement rejoint le palais présidentiel pour des entretiens avec le président tanzanien.

«Je l'ai dit à travers l'Afrique, nous envisageons un nouveau modèle qui ne soit plus seulement basé sur l'aide et l'assistance mais sur le commerce et le partenariat», a déclaré M. Obama lors d'une conférence de presse. «Le but ultime est que les Africains construisent l'Afrique, pour les Africains. Et notre travail est d'être un partenaire dans ce processus, et la Tanzanie a été un de nos meilleurs partenaires», a-t-il ajouté.

Le président Kikwete a de son côté «remercié» les Etats-Unis tout en se demandant «s'ils en font assez». «Les Etats-Unis ont fait beaucoup mais si je dis qu'ils ont fait assez, le président (américain) n'écoutera pas mes prochaines requêtes», a-t-il estimé.

Seconde visite

Depuis qu'il est devenu, en 2008, le premier président métis de l'histoire des Etats-Unis, ce n'est que la seconde fois que M. Obama se rend en Afrique subsaharienne. Et il s'agit de sa première grande tournée sur un continent dont la population avait placé de nombreux espoirs en son arrivée au pouvoir.

Il avait débuté cette tournée au Sénégal (pour l'Afrique de l'Ouest) et l'a poursuivie en Afrique du Sud (pour l'Afrique australe). Enfin, la Tanzanie a été préférée au Kenya, pays du père de M. Obama, pour être l'étape est-africaine.

Poids croissant

La Tanzanie confirme ainsi son poids croissant dans la région, profitant d'une économie dynamique et de la position diplomatique délicate dans laquelle se trouve le Kenya depuis que le pays a élu à sa tête, en mars, un président, Uhuru Kenyatta, et un vice-président, William Ruto, poursuivis par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes contre l'humanité.

Bénéficiant d'un meilleur bilan démocratique que les autres poids-lourds de la région, l'Ouganda et l'Ethiopie, la Tanzanie apparaît aussi plus stable actuellement que ses voisins et bénéficiant d'un des marchés les plus porteurs, avec un PIB par habitant inférieur à celui du Kenya, mais une croissance plus rapide, grâce notamment à de nombreuses ressources naturelles.

Le président Kikwete fut le premier chef d'Etat africain reçu à la Maison Blanche après l'élection de M. Obama en 2008. Et en mars, le président chinois Xi Jinping avait lui aussi choisi la Tanzanie pour y prononcer le discours majeur de sa tournée africaine sur la politique de Pékin vis-à vis de l'Afrique.

Nouveau chapitre

Préoccupé par la poussée chinoise sur le continent, M. Obama a annoncé en Afrique du Sud sa volonté d'«ouvrir un nouveau chapitre dans la relation entre les Etats-Unis et l'Afrique», plaidant pour un partenariat d'égal à égal cher aux dirigeants africains.

Il a convié les dirigeants d'Afrique sub-saharienne à un sommet à Washington en 2014 dont le format rappelle fortement le forum de coopération Chine-Afrique (FOCAC) organisé chaque année par Pékin depuis dix ans.

Au cours de sa visite d'un peu moins de 24 heures en Tanzanie, M. Obama visitera notamment la centrale électrique d'Ubungo, près de la capitale économique. Dimanche en Afrique du Sud, il avait annoncé un plan de 7 milliards de dollars sur cinq ans destiné à «doubler l'accès à l'électricité en Afrique sub-saharienne», dont, a-t-il rappelé, plus des deux tiers de la population vit sans électricité. (ats)

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