Tuerie de Newtown: Obama est pour l'interdiction des fusils d'assaut
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Tuerie de NewtownObama est pour l'interdiction des fusils d'assaut

Alors que le débat sur les armes fait rage aux États-Unis, Barack Obama a annoncé qu'il soutenait une loi sur l'interdiction des fusils d'assaut.

Obama soutient l'initiative de la sénatrice démocrate Dianne Feinstein, qui compte proposer l'an prochain au Congrès de rétablir l'interdiction des fusils d'assaut semi-automatiques.

Barack Obama s'est engagé à prendre des mesures contre la violence liée aux armes à feu après la tuerie de vendredi dernier dans une école primaire de Newtown, dans le Connecticut, où 26 personnes, dont 20 enfants de six et sept ans, ont été tués par un homme lourdement armé. Le tireur, un homme de 20 ans nommé Adam Lanza, avait auparavant tué sa mère. Il s'est ensuite suicidé.

«Il est évident que nous n'avons pas assez agi, en tant que pays, contre le fléau que constitue la violence par armes à feu», a reconnu mardi Jay Carney, porte-parole de la présidence américaine.

Le président américain s'est jusqu'à maintenant refusé à évoquer explicitement un éventuel durcissement de la législation sur les armes à feu, mais Jay Carney a précisé que Barack Obama allait «agir au cours des prochaines semaines».

Le marché des fusils d'assaut tremble

Le fonds d'investissement américain Cerberus a annoncé mardi qu'il allait se séparer de sa participation dans le fabricant d'armes Freedom Group, invoquant la tuerie de la semaine dernière dans une école primaire, qui a relancé le débat national sur les armes.

«Nous avons décidé de nous engager dans une procédure formelle pour vendre notre investissement dans Freedom Group», indique le fonds dans son communiqué, où il se se dit «choqué et très attristé» par la tuerie de Newtown.

Freedom Group détient notamment Bushmaster, qui fabrique l'arme principalement utilisée lors de la tuerie, ainsi que Remington. «Il est devenu apparent que la tragédie de (l'école primaire de) Sandy Hook a été un tournant, qui a amené le débat national sur le contrôle des armes à un niveau sans précédent», explique Cerberus.

«Il y a des mesures que nous pouvons prendre en tant qu'entreprise»

«Nous sommes des investisseurs, pas des hommes d'Etat ou des législateurs», souligne-t-il. «Ce n'est pas notre rôle de prendre position, ou de tenter de créer ou d'influencer le débat politique sur le contrôle des armes. C'est le travail de nos législateurs fédéraux et dans les Etats. Il y a, toutefois, des mesures que nous pouvons prendre en tant qu'entreprise», poursuit-il.

Sortir du capital de Freedom Group «nous permet de remplir nos obligations envers les investisseurs qui nous ont confié leurs intérêts sans être entraînés dans le débat national», conclut le fonds. Outre Cerberus, la tuerie a aussi provoqué des réactions dans le secteur de la distribution.

Wal-Mart retire des fusils d'assaut

Le numéro un mondial de la distribution Wal-Mart a ainsi retiré de son magasin en ligne un fusil d'assault Bushmaster, rapportent mardi plusieurs médias. Personne n'était immédiatement disponible chez Wal-Mart pour un commentaire.

Dick's Sporting Goods, un distributeur d'équipements sportifs, a annoncé pour sa part dans un communiqué avoir, «par respect pour les victimes et leurs familles» et pour la durée du deuil national, retiré toutes ses armes à feu en vente et en vitrine dans ses magasins les plus proches de Newton, et suspendu la vente des armes sportives dans tous ses magasins.

Les actions des fabricants d'armes à feu étaient en baisse mardi, pour la deuxième journée consécutive, à la Bourse de New York. Smith and Wesson, qui avait déjà perdu 5,20% lundi, plongeait de 9,9% à 7,87 dollars vers 15H50 GMT. Sturm, Ruger and Company, spécialisé dans les armes de petit calibre, perdait 5,57% à 41,55 dollars après 3,45% la veille.

57% des Américains favorables à changer la loi

Dans un sondage CBS publié mardi matin, 57% des Américains se sont déclarés favorables à un renforcement de la loi sur les armes à feu, le pourcentage le plus élevé depuis 10 ans. La Maison Blanche est pour l'instant restée frileuse, sans avancer de scénario possible. «Nous devons changer», avait déclaré dimanche soir le président Obama, lors de la veillée oecuménique de prières à la mémoire des victimes.

Plus de 177.000 personnes avaient mardi matin signé une pétition sur le site de la Maison Blanche en faveur d'un renforcement des lois. Et plusieurs voix démocrates se sont levées, ainsi que celle du maire de New York Michael Bloomberg (indépendant) pour que des mesures soient prises.

Le maire de Chicago Rahm Emmanuel a estimé mardi sur CBS qu'il y avait une «vraie» attente pour que quelque chose soit fait. Il a notamment évoqué le besoin de limiter la taille des chargeurs, et de réglementer les ventes d'armes «sauvages» comme il en existe tant aux Etats-Unis hors les armureries. (afp)

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