Amérique: Obama et Castro ont rendez-vous avec l'histoire
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AmériqueObama et Castro ont rendez-vous avec l'histoire

Une page est en train de se tourner en Amérique. Pour la première fois, les présidents américain et cubain vont se trouver.

La rencontre aura lieu lors d'un Sommet continental, consacrant le rapprochement des deux ennemis historiques.

Ce Sommet des Amériques doit célébrer vendredi et samedi à Panama une nouvelle concorde entre les 35 pays d'Amérique du Nord, d'Amérique centrale et d'Amérique du Sud. Cuba y sera présent pour la première fois depuis la création de cette rencontre formelle de chefs d'Etat en 1994.

Mais les tensions apparues ces dernières semaines entre les Etats-Unis et le Venezuela pourraient venir gâcher la fête. L'Amérique latine ayant rejeté d'une seule voix les accusations de «menace pour la sécurité des Etats-Unis» lancées par la Maison Blanche à l'encontre du gouvernement socialiste de Nicolas Maduro.

Nul doute que ce dernier entend profiter de la tribune panaméenne pour donner plus de résonnance à sa croisade contre Washington, qu'il accuse régulièrement de vouloir déstabiliser son pays. M. Maduro envisage de présenter à cette occasion une pétition «anti-impérialiste» de millions de signatures.

Antagonisme historique

Voir Barack Obama et Raul Castro côte à côte devait être le moment-clé du Sommet. «En un mois ou deux, le programme (de leurs discussions) est revenu à quelque chose de plus traditionnel, marqué par un antagonisme historique», anaylse Eric Farnsworth, vice-président du forum privé Conseil des Amériques et ancien conseiller à la Maison Blanche.

La dernière entrevue de présidents des deux pays date de 1956, déjà au Panama, entre Fulgencio Batista et Dwight Eisenhower. En décembre 2013, une fugace mais très médiatisée poignée de main entre MM. Castro et Obama avait été échangée à Johannesbourg, en marge des hommages au défunt Nelson Mandela.

Opportunités d'«échanges»

Aucun entretien bilatéral n'a été programmé pour l'heure entre les deux hommes, Washington mentionnant seulement des opportunités d'«échanges». Le chef de la diplomatie américaine John Kerry va de son côté probablement s'entretenir avec son homologue cubain Bruno Rodriguez en marge du Sommet.

Les analystes consultés par l'AFP ne pensent pas que la question vénézuélienne puisse entraver le rapprochement entre les Etats-Unis et Cuba. Même si La Havane doit faire bonne figure et afficher un soutien sans faille à ce précieux allié qui lui fournit à des conditions avantageuses plus de la moitié de son pétrole.

Désamorcer la controverse

La Maison Blanche a tenté mardi de désamorcer la controverse. Washington affirmant que «les Etats-Unis ne pensent pas que le Venezuela représente une quelconque menace», évoquant une terminologie «formelle» employée au moment de prendre des sanctions contre de hauts responsables vénézuéliens début mars.

Sauf surprise, aucune annonce n'est véritablement attendue au Panama sur la reprise des relations diplomatiques entre les Etats-Unis et Cuba. Après trois séries de rencontres entre hauts responsables, Washington souhaitait la réouverture d'ambassades pour avril, mais Cuba la conditionne à son retrait de la liste américaine des pays soutenant le terrorisme.

Long processus

Pour la normalisation proprement dite, les deux pays sont engagés dans un processus de longue haleine. Malgré la levée ces dernières semaines de sanctions commerciales américaines contre Cuba, les Etats-Unis continuent d'imposer à l'île communiste un embargo économique et financier remontant à 1962.

En marge du sommet des chefs d'Etat, officiellement consacré au développement social, économique et politique de la région, sont prévus quatre forums de la société civile. Une réunion alternative, le Sommet des peuples, est programmée à l'université de Panama. (ats)

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