Barack Obama premier président noir américain: Obama fait pleurer de joie l'Amérique
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Barack Obama premier président noir américainObama fait pleurer de joie l'Amérique

Des rires, des larmes de bonheur, des millions de personnes en liesse dans les rues, d'un bout à l'autre du pays: Barack Obama, devenu mardi le premier Noir élu président des Etats-Unis, a fait chavirer l'Amérique.

Il est 22H00 à Chicago (Illinois, nord), fief de Barack Obama. Une puissante clameur s'élève au-dessus du Grant Park, un vaste jardin public cerné de buildings au bord du lac Michigan. Les résultats viennent de tomber: Barack Obama est élu président, et quelque 240.000 personnes, rassemblées pour fêter l'événnement, laissent éclater leur joie.Certains s'embrassent, dansent, d'autres applaudissent à tout rompre. Les larmes de joie coulent sur des dizaines et dizaines de visages. «Votre coeur palpite, palpite», explique Shirley Vaughn, peinant à trouver les mots pour exprimer sa joie de voir un Noir parvenir à la plus haute fonction élective de son pays. «C'est vraiment un moment historique, d'être ici avec tous ces gens», ajoute-t-elle.«Je veux être capable de regarder en arrière dans 20 ou 30 ans et me dire que j'y ai pris part», affirmait Michelle Culpepper, 40 ans, arrivée sans billet mais ravie d'être là, à l'unisson d'une foule joyeuse.Dans tout le pays, les mêmes scènes de liesse se répètent. A Seattle (Washington, nord-ouest), Philadelphie (Pennsylvanie, est) ou encore Atlanta (Géorgie, sud-est) des foules envahissent les rues.A Hollywood (Californie, sud-ouest), la fête a des airs de jour de l'An: les gens s'embrassent et dansent au son des klaxons des voitures qui retentissent dans toute la ville.«Ce soir c'est le premier jour d'un nouveau chapitre de l'histoire de notre grand pays!», exulte John Richardson, un homme de 43 ans. Dans la banlieue ouest de Hollywood, bastion de la communauté gay en Californie, des centaines de personnes défilent dans une ambiance de carnaval.Sur Times Square à New York, le carrefour le plus animé de Manhattan, ils sont des milliers à crier leur joie, devant les écrans géants qui relaient la victoire de Barack Obama. «Obama, Obama !»: par des cris, des chants, des danses et des slogans, les Américains saluent chaque nouvelle.«C'est un moment étonnant, historique pour l'Amérique. J'ai connu des périodes bien sombres pendant ces huit dernières années», commente Andrew Bernard, un producteur de film venu participer à la liesse avec son fils de 10 ans, Lincoln.«Je voulais que mon fils vienne et voit la lumière», dit-il.Pour Tish Howard, 50 ans, une femme noire qui a grandi dans l'Etat d'Alabama et a connu la ségrégation, «cette nuit veut dire beaucoup pour moi. Les Noirs à l'époque étaient laissés en dehors du processus politique». «Dans un grand nombre de communes rurales, les noirs ne pouvaient même pas voter», rappelle-t-elle.Au «Body», un bar lounge de Harlem au nord de la ville, la victoire, annoncée sur des écrans plasma, libère la tension et toute l'émotion contenue. Une femme d'une trentaine d'années lâche: «L'Amérique lui a donné le meilleur job du pays!».«En une génération, nous sommes passés d'esclaves à un président noir», dit-elle en décrochant son téléphone pour «appeler sa grand-mère de 95 ans» qui n'en revient sûrement pas.Un dernier moment de recueillement pour le discours du vainqueur Obama, et une voix langoureuse entame «Yes we can» (le slogan d'Obama) version R'n'B. Le rythme s'accélère, la soirée continue sur la piste de danse.A Washington, des jeunes scandant «Obama, Obama» sont rassemblés par centaines devant la Maison Blanche. Venus pour la plupart des universités proches, agitant des ballons aux couleurs américaines, ils reprennent le slogan de la campagne de M. Obama: «Yes, we can !» («Oui, nous pouvons !»).Une jeune femme, Laura Kiefer se réjouit d'être originaire de l'Ohio (nord), un Etat qui a joué un rôle essentiel dans la victoire de M. Obama. «Tout le monde m'est tombé dans les bras. C'était génial», raconte-t-elle.Dressant des pancartes «Obama» devant la grille de la Maison Blanche, la foule se met à chanter «goodbye», un message destiné à l'actuel locataire des lieux, George W. Bush, qui cédera sa place à Barack Obama le 20 janvier prochain.bur-eg/vog

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