Etats-Unis: Obama payé un pactole par Wall Street: «Hypocrite»
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Etats-UnisObama payé un pactole par Wall Street: «Hypocrite»

L'ancien président américain, qui s'est souvent montré très critique à l'égard du monde de la finance, va toucher 400'000 dollars pour donner une conférence à Wall Street.

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joc
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Obama pose discrètement le pied sur la balance sur laquelle se pèse son conseiller Marvin Nicholson (8 août 2010).

Obama pose discrètement le pied sur la balance sur laquelle se pèse son conseiller Marvin Nicholson (8 août 2010).

kein Anbieter/Official White House / Pete Souza
Avec le sprinter jamaïcain Usain Bolt lors d'une visite à Kingston, le 9 avril 2015.

Avec le sprinter jamaïcain Usain Bolt lors d'une visite à Kingston, le 9 avril 2015.

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Obama avait reçu un chapeau lors de sa visite des pyramides de Gizeh en Egypte en juin 2009. Il fait le pitre avec.

Obama avait reçu un chapeau lors de sa visite des pyramides de Gizeh en Egypte en juin 2009. Il fait le pitre avec.

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«Je n'ai jamais prétendu accéder au pouvoir pour aider une bande de banquiers grassouillets à Wall Street». Ces mots ont été prononcés par Barack Obama en 2009. Lors de cette interview accordée à la chaîne CBS en pleine crise économique, l'ancien président des Etats-Unis dénonçait le monde de la finance avec véhémence. Désormais à la retraite, Barack Obama semble avoir mis de l'eau dans son vin. Selon le média conservateur Fox Business, l'ex-«commander in chief» a signé un contrat avec la banque d'investissement new-yorkaise Cantor Fitzgerald LP. Obama interviendra lors d'une conférence au mois de septembre pour la modique somme de 400'000 dollars. Sujet de son discours: les services de santé.

Cet accord passé avec Wall Street a fait l'objet de commentaires sarcastiques dans certains médias à tendance républicaine, qui reprochent à Barack Obama d'avoir retourné sa veste pour «s'engraisser». «On devait s'y attendre, parce que tous les anciens présidents le font. Il a attaqué Wall Street et maintenant, les gens qu'il surnommait les banquiers grassouillets le nourrissent. C'est plus hypocrite qu'ironique», a estimé Hank Sheinkopf, expert en communication auprès des démocrates.

«Un sujet important à ses yeux»

Pour tenter de calmer le jeu, le porte-parole de l'ancien président a défendu cette juteuse intervention. Eric Schultz a expliqué au «Financial Times» que Barack Obama avait accepté de donner cette conférence parce que les changements concernant les services de santé «sont importants à ses yeux». Il a également rappelé que pendant ses deux mandats, l'ex dirigeant avait «mené avec succès les réformes les plus difficiles sur Wall Street depuis Roosevelt».

En soi, le fait qu'un ancien président se fasse rémunérer pour donner des conférences n'a rien de surprenant. Bill Clinton avait par exemple été payé 750'000 dollars pour un discours organisé par la société Ericsson à Hongkong.

Son épouse Hillary, elle, avait touché 200'000 dollars pour une intervention chez la banque Goldman Sachs. Un contrat qui lui avait valu une pluie de critiques et qui avait même entaché sa campagne présidentielle.

La dent dure contre Wall Street

Mais l'accord passé par Barack Obama est plus déroutant. Pendant ses deux mandats, le démocrate n'a cessé de s'en prendre aux banques de Wall Street. Il avait d'ailleurs estimé en 2009 que la crise économique avait été provoquée «en partie par les actions complètement irresponsables de Wall Street», relève «The Telegraph». A l'occasion de son dernier dîner des correspondants à la Maison-Blanche, Obama avait même charrié Hillary Clinton sur le sujet: «Si mon discours marche bien, je pourrai m'en servir chez Goldman Sachs l'année prochaine», avait-il ironisé.

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