Actualisé 25.07.2008 à 18:26

Obama regrette les caricatures entre USA et Europe

Barack Obama a fait vendredi une brève escale à Paris, où il a rencontré le président français Nicolas Sarkozy. A cette occasion, le candidat démocrate à la Maison Blanche a regretté la vision «caricaturale» prévalant encore entre Européens et Américains.

Le sénateur américain et M. Sarkozy ont eu un entretien de plus d'une heure. Au cours d'une conférence de presse commune, M. Obama a estimé que «cela fait trop longtemps qu'il y a une caricature des deux côtés de l'Atlantique».

M. Obama a expliqué que «les Européens percevaient les Américains comme étant des unilatéralistes, des militaristes et avaient tendance parfois à oublier les énormes sacrifices que les militaires et les contribuables américains avaient fait pour contribuer à la construction de l'Europe».

«De l'autre côté, aux Etats-Unis, il y a une tendance à dire que les Européens ne veulent pas s'engager, se mouiller sur ces questions de sécurité très difficiles et épineuses», a-t-il poursuivi.

«L'Américain aime la France»

Interrogé sur l'état des relations entre les Etats-Unis et la France, le candidat démocrate - qui a tenu à rappeler qu'il ne s'exprimait pas en tant que président - s'est félicité que M. Sarkozy a fait «exploser ces stéréotypes, ces caricatures». «L'Américain moyen aime énormément les Français», a-t-il assuré.

Interrogé sur la brièveté de son séjour à Paris, il l'a imputée à des impératifs de calendrier.

Devant les médias, M. Sarkozy a déclaré qu'il y avait «une grande convergence de vues» entre le candidat démocrate et lui- même. Les deux hommes ont évoqué différents sujets comme le changement climatique, le nucléaire iranien ou l'Afghanistan.

Le président français a déclarer ressentir «une grande impatience que la démocratie américaine choisisse son prochain président et que l'on prenne beaucoup d'initiatives en commun entre l'Europe et les Etats-Unis». Le scrutin présidentiel américain aura lieu l'automne prochain.

Très nombreux journalistes

Le sénateur de l'Illinois était arrivé en début d'après-midi à Paris. Accueilli à l'Elysée par M. Sarkozy, les deux hommes ont posé devant d'impressionnantes rangées de photographes et de cameramen du monde entier.

De nombreux badauds, tenus à l'écart par les forces de sécurité, étaient massés sur une place proche de l'Elysée pour tenter d'apercevoir le candidat démocrate, très populaire en France.

M. Obama arrivait de Berlin. Dans la capitale allemande, le candidat démocrate à la Maison Blanche a prononcé un grand discours jeudi soir. Devant quelque 200 000 personnes enthousiastes, Barack Obama a appelé à abattre les murs entre races et religions pour relever les défis de la planète.

Impossible de rendre l'amour

Les commentateurs français ont relevé vendredi la différence entre la visite de M. Obama en Allemagne et sa courte escale en France. Selon l'historien François Durpaire, Barack Obama «ne peut pas rendre à la France aujourd'hui l'amour qu'elle lui porte». «Cela serait encore mal perçu dans le Middle West» américain, explique le co-auteur de «L'Amérique de Barack Obama».

Les relations franco-américaines, très tendues au moment de la guerre en Irak en 2003, se sont pourtant largement améliorées depuis l'élection en 2007 de Nicolas Sarkozy, «ami» proclamé des Etats-Unis. (ats)

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