G20: Obama: «Sarkozy, il ne manque pas d'énergie»
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G20Obama: «Sarkozy, il ne manque pas d'énergie»

Le président américain Barack Obama a salué vendredi l'«énergie» et «l'esprit de compétition» de Nicolas Sarkozy, tout en assurant ne pas vouloir s'immiscer dans la politique intérieure française.

«De ce que j'ai vu, il ne manque pas d'énergie et il a l'esprit de compétition», a répondu Barack Obama à une question sur son homologue français, qui n'a pas encore officiellement annoncé s'il briguerait un second mandat en 2012. Le président démocrate s'est dit persuadé que Nicolas Sarkozy apporterait «toute cette énergie à une campagne éventuelle».

Le chef de l'Etat, largement considéré à droite comme le candidat naturel à l'Elysée pour 2012, a affirmé qu'il annoncerait sa décision sur sa candidature en janvier ou février prochain.

Eloges à une heure de grande écoute

Le président américain a couvert d'éloges vendredi Nicolas Sarkozy, et exalté «l'amitié de longue date» entre Washington et Paris, lors d'un entretien croisé inédit diffusé sur les journaux télévisés du soir de TF1 et France 2.

Les deux présidents étaient installés pour l'occasion dans la mairie de Cannes, ville qui a accueilli jeudi et vendredi dans son palais des festivals la réunion du G20, le forum annuel des vingt principales puissances économiques, phagocytée cette année par la crise de la dette dans la zone euro, notamment en Grèce.

«Vu le fait que nous avons beaucoup travaillé ensemble, Nicolas et moi, nous entretenons d'excellentes relations, nous les avons toujours eues. Cela résulte du fait que nous partageons des responsabilités, nous menons les mêmes combats dans une époque très difficile», a affirmé M. Obama.

Selon lui, «Nicolas a toujours été un partenaire ouvert, qui travaille beaucoup, qui a beaucoup d'énergie. Que ce soit sur des questions économiques, des questions liées à la sécurité, il a été un partenaire absolument essentiel».

Sarkozy aussi

Nicolas Sarkozy a remercié vendredi son homologue américain Barack Obama de se montrer «ouvert sur la taxation des acteurs financiers».

«Ca ne veut pas dire qu'on va faire les mêmes choses naturellement», a-t-il reconnu lors de leur interview commune accordée à TF1 et France-2 à l'issue du sommet du G-20 à Cannes.

«On reste avec des différences de modalités mais la volonté de faire participer le secteur financier à la solution de la crise (...) elle est totale des deux côtés de l'Atlantique», s'est réjoui Nicolas Sarkozy.

«Aux Etats-Unis, nous avons un concept similaire que nous appelons taxe de responsabilité financière», a expliqué Barack Obama. «C'est dirigé plus directement sur les banques, et non sur les transactions».

«Mais le principe que nous partageons, c'est qu'on ne peut pas avoir des grandes institutions financières qui font des paris dangereux, des opérations risquées, qui finissent par avoir un impact énorme sur les contribuables américains ou français, sur les citoyens ordinaires, et que ce soient ces citoyens ordinaires qui en paient seuls les frais», a ajouté Barack Obama.

«C'est le premier président des Etats-Unis qui fait un pas vers la taxation des acteurs financiers», a souligné Nicolas Sarkozy, en se disant «reconnaissant». «Jusqu'à présent, la position traditionnelle des Etats-Unis, c'était pas celle qu'exprime le président Obama. Il a fallu qu'il vienne pour qu'il y ait une ouverture sur le sujet».

Les vingt puissances mondiales et émergentes réunies à Cannes ont décider de laisser les pays qui le souhaiteraient mettre en oeuvre une taxe sur les transactions financières.

«Nous reconnaissons les initiatives prises dans certains de nos pays pour taxer le secteur financier à des fins diverses, dont une taxe sur les transactions financières entre autres pour soutenir le développement», écrivent-elles dans le communiqué final. (ap)

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