Etats-Unis/Canada: Obama stoppe le projet de l'oléoduc Keystone XL
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Etats-Unis/CanadaObama stoppe le projet de l'oléoduc Keystone XL

Après des années de tergiversations, le président américain a annoncé vendredi le rejet du projet controversé de pipeline entre les Etats-Unis et le Canada.

Les militants écologistes américains (ici en manifestation en février dernier) ont été entendus par leur président.

Les militants écologistes américains (ici en manifestation en février dernier) ont été entendus par leur président.

«Le département d'Etat a décidé que le projet Keystone XL n'était pas dans l'intérêt national des Etats-Unis. Je suis d'accord avec cette décision», a déclaré Barack Obama à la Maison Blanche. «L'oléoduc ne ferait pas baisser le prix du carburant pour les consommateurs américains», a poursuivi le président.

«Transporter du pétrole brut plus sale jusque dans notre pays ne renforce pas la sécurité énergétique des Etats-Unis», a-t-il également souligné.

Washington étudiait la proposition du projet Keystone XL, présentée par le groupe TransCanada, depuis plusieurs années. La société a réagi à cette annonce en indiquant qu'elle envisageait de déposer une nouvelle demande. L'entreprise «examinera toutes ses options en réponse au refus du permis du Keystone XL», a indiqué l'opérateur dans un communiqué.

Dossier emblématique

Long de 1900 km, dont 1400 aux Etats-Unis, il visait à transporter le pétrole canadien des sables bitumineux de l'Alberta jusqu'au centre des Etats-Unis, dans le Nebraska, d'où il aurait pu rejoindre les raffineries américaines du golfe du Mexique.

Aucun autre dossier environnemental que celui-ci n'était plus emblématique du fossé idéologique qui existe aux Etats-Unis sur l'énergie et l'environnement.

«Ce matin, j'ai pu m'entretenir avec le Premier ministre du Canada (Justin) Trudeau», qui a pris ses fonctions mercredi, a indiqué Barack Obama.

Justin Trudeau soutenait le projet de construction, mais est perçu comme étant plus sensible aux craintes des écologistes que son prédécesseur, Stephen Harper. Il avait dit qu'il s'emploierait à répondre aux inquiétudes des Etats-Unis.

«Bien qu'il ait exprimé une certaine déception, compte tenu de la position du Canada là-dessus, nous avons parlé du fait que le sujet global de l'énergie et du changement climatique demandait une plus grande coordination entre les pays», a ajouté le président américain. «Dans les prochaines semaines, de hauts responsables de mon équipe vont s'entretenir avec les leurs pour approfondir notre coordination.»

Défis environnementaux à relever

«L'Amérique est désormais un leader mondial à l'heure d'adopter des actions décisives pour combattre le changement climatique. Franchement, approuver le projet aurait entamé ce leadership mondial», a assuré le président américain, avant d'annoncer officiellement qu'il se rendrait à Paris pour participer à la conférence mondiale sur le climat (COP21), qui s'ouvre le 30 novembre pour deux semaines.

«Dans trois semaines à partir d'aujourd'hui, j'attends avec impatience de rejoindre mes homologues du monde entier à Paris, où nous allons tous nous rassembler autour d'un cadre ambitieux pour protéger la seule planète que nous ayons», a dit Barack Obama.

«Et si nous voulons prévenir les effets du changement climatique, le temps de l'action est maintenant, et pas plus tard ou un de ces jours, mais ici et maintenant. Je suis optimiste sur ce que nous pouvons accomplir ensemble», a-t-il relevé. (nxp/afp)

(NewsXpress)

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