Iran: Obama «très préoccupé», le Congrès condamne les violences
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IranObama «très préoccupé», le Congrès condamne les violences

Barack Obama a de nouveau commenté prudemment vendredi la situation en Iran, se disant «très préoccupé» après les déclarations du Guide suprême iranien.

Le Congrès a, lui, adressé, une critique à peine voilée à la position mesurée du président américain en condamnant les violences faites aux manifestants.

«Je suis très préoccupé, sur la base d'une partie du contenu et du ton des déclarations qui ont été faites, par le fait que le gouvernement d'Iran doive reconnaître que le monde observe», a déclaré le chef de la Maison Blanche lors d'un entretien enregistré vendredi pour la chaîne de télévision CBS News.

«La manière dont il traite les gens qui essaient de se faire entendre par le biais de moyens pacifiques enverra, je le pense, un signal fort à la communauté internationale sur ce que l'Iran est et n'est pas», a-t-il ajouté.

Après une semaine de contestation de la réélection de Mahmoud Ahmadinejad au pouvoir, le Guide suprême, l'ayatollah Ali Khameneï, a pris la parole vendredi, qualifiant la victoire du président sortant de «définitive» et d'``absolue». Il a également adressé une sévère mise en garde aux manifestants.

Face à cette situation, le Congrès américain a adopté vendredi une résolution apportant son soutien à la population iranienne et condamnant les violences dont sont victimes les manifestants. Ce texte a été voté à l'initiative des républicains, en guise de critique voilée de la position jugée trop prudente de Barack Obama.

La résolution soutient «tous les Iraniens qui défendent les valeurs de la liberté, des droits de l'Homme, des libertés publiques et du règne du droit», et affirme «l'importance d'élections démocratiques et équitables».

Elle condamne la «violence en cours» des milices envers les manifestants, ainsi que «la suppression des communications électroniques indépendantes par le biais d'interférences avec Internet et les téléphones portables».

Le porte-parole de la Maison Blanche Robert Gibbs a affirmé que la présidence saluait l'adoption de ce texte, estimant qu'il était cohérent avec la condamnation par Barack Obama des violences en Iran.

«Comme l'a dit le président, nous ne servirons pas de faire-valoir politique (...) dans un débat initié par les Iraniens en Iran», a-t-il déclaré, précisant que Washington craignait qu'une position américaine plus affirmée ne serve en fait au pouvoir iranien à diaboliser les manifestants.

Le porte-parole du département d'Etat Ian Kelly a lui aussi assuré que l'administration Obama ne craignait pas de critiquer l'Iran. «A plusieurs reprises, des manifestants qui s'étaient rassemblés pacifiquement ont, bien sûr, souffert des mains des autorités. Et nous condamnons de tels actes», a-t-il déclaré.

Le président de la Commission des Affaires étrangères de la Chambre Howard Berman a pourtant jugé que les députés américains devaient «réaffirmer leur conviction forte que le peuple iranien a le droit fondamental d'exprimer sa conception de l'avenir de son pays librement et sans intimidations».

Le représentant républicain Mike Pence, co-rédacteur de la résolution adoptée vendredi, s'est, lui, opposé à la position de non-ingérence de Washington.

«Quand Ronald Reagan s'est présenté à la porte de Brandebourg (à Berlin, NDLR), il n'a pas dit à Mikhail Gorbatchev que ce mur n'était pas nos affaires», a-t-il dit, en référence au discours de Ronald Reagan prononcé le 12 juin 1987 lors duquel il avait demandé au dirigeant soviétique d'abattre» le Mur de Berlin. (ap)

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