23.10.2016 à 04:23

IrakObjectif Mossoul malgré l'attaque de Kirkouk

Les forces irakiennes tentent de continuer leur avancée vers Mossoul, malgré l'attaque de Kirkouk.

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Keystone
Mossoul fête ce jeudi 14 décembre la victoire sur l'EI. Des milliers de policiers, militaires et une centaine de véhicules blindés ont défilé pour la délivrance et le retour à la vie normale. (14 décembre 2017)

Mossoul fête ce jeudi 14 décembre la victoire sur l'EI. Des milliers de policiers, militaires et une centaine de véhicules blindés ont défilé pour la délivrance et le retour à la vie normale. (14 décembre 2017)

Keystone
Le Premier ministre irakien Haider al-Abadi a annoncé samedi «la fin de la guerre contre l'EI» en Irak. Les forces gouvernementales se battent depuis trois ans pour éliminer le groupe djihadiste Etat islamique (EI) du pays. (Samedi 9 décembre 2017)

Le Premier ministre irakien Haider al-Abadi a annoncé samedi «la fin de la guerre contre l'EI» en Irak. Les forces gouvernementales se battent depuis trois ans pour éliminer le groupe djihadiste Etat islamique (EI) du pays. (Samedi 9 décembre 2017)

AFP

Les forces irakiennes tentent de poursuivre leur avancée pour reprendre Mossoul au groupe Etat islamique, malgré une attaque surprise des djihadistes contre la ville de Kirkouk, située à environ 170 km, qui a obligé l'armée à envoyer des renforts.

Acculé dans son bastion de Mossoul (nord) qui est visé depuis lundi par une vaste offensive des forces irakiennes et de la coalition internationale menée par les Etats-Unis, l'EI a montré par ses attaques-surprises à Kirkouk sa capacité à frapper hors des zones qu'il tient.

En incendiant une usine de soufre, il a également compliqué la progression des forces irakiennes vers Mossoul.

L'opération des djihadistes lancée vendredi à Kirkouk, sous contrôle kurde, a fait «46 morts et 133 blessés, pour la plupart au sein des forces de sécurité», a déclaré à l'AFP un responsable du ministère de l'Intérieur. Un bilan confirmé de sources médicales.

48 djihadistes tués à Kirkouk

Quarante-huit djihadistes ont également été tués dans l'attaque, selon le chef de la police de Kirkouk. Bagdad a envoyé des renforts pour éliminer les combattants de l'EI encore présents.

Une équipe de l'AFP a vu des policiers quadrillant les rues près du gouvernement provincial en attendant que les équipes scientifiques terminent de débusquer les derniers explosifs peut-être cachés sous les vêtements de djihadistes de l'EI gisant au sol.

«Les forces de sécurité contrôlent la situation maintenant mais il reste des poches de résistance djihadistes dans des quartiers du sud et de l'est» de Kirkouk, a indiqué à l'AFP Omar Aref, un responsable militaire irakien.

Incendie dans une usine de souffre

Au sud de Mossoul, un incendie provoqué par l'EI cette semaine dans une usine de soufre a engendré des fumées toxiques qui ont tué deux civils. L'incendie a pu être éteint samedi, ont précisé les forces irakiennes. Au moins 500 personnes se plaignant de troubles respiratoires ont été soignées à l'hôpital de Qayyarah, base militaire située au sud du lieu de l'incendie.

Un général irakien a admis que ces fumées avaient un impact sur «la progression prévue» des opérations militaires vers Mossoul.

Le secrétaire américain à la Défense Ashton Carter, dont le pays dirige la coalition internationale appuyant les forces irakiennes, a effectué une visite-surprise samedi à Bagdad pour discuter de la bataille de Mossoul, que l'EI contrôle depuis juin 2014.

La Russie a accusé la coalition internationale de «crimes de guerres» dans ses frappes en Irak après la mort de quinze femmes dans un raid aérien vendredi à 50 kilomètres de Kirkouk.

Kirkouk, une diversion

«On entendait des tirs et des explosions tout le temps, on n'osait pas sortir», a raconté à l'AFP Abou Omar, un boucher de 40 ans de Kirkouk qui est resté enfermé avec sa famille.

Un djihadiste, présumé arrêté vendredi a affirmé que l'attaque avait été planifiée par le chef de l'EI, Abou Bakr al-Baghdadi, pour «réduire la pression sur le front de Mossoul», selon des propos qu'il a tenus lors d'un interrogatoire auquel un journaliste de l'AFP a assisté.

Samedi, les forces fédérales ont avancé à Qaraqosh selon le commandement joint des opérations. La prise totale de cette ville, qui était peuplée de chrétiens avant l'arrivée de l'EI, permettrait de s'approcher de la périphérie est de Mossoul.

Deux journalistes irakiens ont été tués depuis vendredi, l'un sur le front de Mossoul, l'autre à Kirkouk par un tir de l'EI.

Bataille déséquilibrée

Avec 3000 à 4500 djihadistes dans Mossoul face à des dizaines de milliers de soldats irakiens et de peshmergas kurdes, la bataille paraît déséquilibrée mais quand les forces de sécurité seront aux portes de la ville, il leur faudra probablement engager une longue guérilla urbaine dans une ville d'environ 1,5 million d'habitants.

La communauté internationale et des ONG s'inquiètent du sort des civils qui resteront piégés dans la ville. Selon des habitants contactés par l'AFP, les conditions de vie se détériorent de jour en jour à Mossoul. «Il y aura un gros travail de reconstruction et de stabilisation à faire» après une éventuelle reconquête, a souligné le chef du Pentagone.

Sa visite n'a pas permis d'aplanir le différend entre Bagdad et Ankara sur la participation de troupes turques à la bataille de Mossoul. Le Premier ministre irakien s'y est dit samedi toujours opposé. (nxp/afp)

(NewsXpress)

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