Actualisé 04.04.2008 à 16:49

Objectif pour le climat: réduire les émissions polluantes de l'aviation

Plus de 160 pays ont décidé vendredi à Bangkok d'examiner les moyens de réduire les émissions polluantes du transport aérien et maritime.

Mais la communauté internationale doit encore parvenir avant fin 2009 à un nouvel accord mondial censé prendre le relais du Protocole de Kyoto.

Réunis pour la première fois depuis les négociations-marathon de décembre dernier sur l'île indonésienne de Bali, des représentants des Etats signataires de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques se sont efforcés pendant cinq jours d'atténuer les divergences qui avaient failli faire capoter leur dernière conférence.

Mais des tractations se poursuivaient vendredi vers 22h00 (17h00 heure suisse). Au coeur des discussions: les termes d'une déclaration fixant un ambitieux programme de travail pour les 21 prochains mois et la date-butoir de décembre 2009 pour conclure un nouvel accord de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES).

A Bangkok, les délégués ont approuvé par consensus une première déclaration promettant d'explorer la possibilité de limiter ou de réduire les émissions de GES relâchées dans l'atmosphère par les avions et les bateaux.

Avions et bateaux exclus

L'industrie du transport mondial représente environ 3 % des émissions de GES. Mais les voyages aériens et maritimes avaient été exclus des réductions d'émissions promises par les pays industrialisés dans le cadre du Protocole de Kyoto, dont les premiers engagements expirent en 2012.

La déclaration de Bangkok indique que les signataires de Kyoto examineront «comment les méthodes pour limiter ou réduire les émissions» polluantes du transport aérien et maritime peuvent être utilisées «comme un moyen d'atteindre leurs objectifs de réduction d'émissions».

La Norvège et l'Union européenne ont été à l'avant-garde des appels à inclure le secteur du transport dans les objectifs de réduction d'émissions. Des défenseurs de l'environnement ont eux toutefois indiqué que certains pays, comme Singapour et l'Australie, avaient cherché à diluer la déclaration en suggérant que l'industrie du transport devait se réguler elle-même.

Texte vague

Des groupes écologistes ont salué le texte. Ils ont toutefois déploré son contenu assez vague et le fait qu'il ne dise pas explicitement que le secteur du transport sera inclus dans tout accord contraignant.

Par ailleurs, des divergences sont apparues à la suite d'une proposition japonaise de tenir bientôt des négociations sur une «approche sectorielle» qui permettrait de juger chaque industrie sur ses obligations environnementales.

Des pays en développement redoutent que «l'approche sectorielle» ne place les nations industrialisées en meilleure position pour remplir les engagements de Kyoto et que cette contrainte ne soit une manière déguisée pour obliger légalement les pays pauvres à réduire leurs propres émissions.

Délégation suisse satisfaite

De son côté, la Suisse s'est montrée satisfaite de ce round de discussions qui «a permis de faire des progrès», a estimé José Romero, de l'Office fédéral de l'environnement (OFEV).

Membre de la délégation suisse en Thaïlande, M. Romero a souligné que plusieurs décisions informelles avaient été prises. Les différents groupes de discussion ont par exemple mis sur pied des plans de travail et se sont fixés des objectifs, a-t-il poursuivi. Et de se réjouir: «l'agenda a été respecté».

(ats)

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