Iran: Occidentaux, médias et terroristes responsables des troubles
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IranOccidentaux, médias et terroristes responsables des troubles

Téhéran accuse les «agents étrangers», les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne, les médias occidentaux et les «terroristes» d'être les vrais responsables des troubles qui secouent l'Iran depuis la réélection contestée du président Mahmoud Ahmadinejad.

Dernière victime en date de cette offensive, le correspondant permanent de la BBC britannique, Jon Leyne, a reçu l'ordre dimanche de quitter le pays sous 24 heures.

Mercredi, le ministère des Affaires étrangères avait accusé des médias occidentaux non identifiés d'être les «porte-parole» des «émeutiers» et averti que ces «ennemis» seraient mis «échec et mat».

La diplomatie iranienne se mettait ainsi au diapason du guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, du président Mahmoud Ahmadinejad et du chef adjoint de la police Ahmad-Reza Radan, qui avaient mis en cause la presse internationale dans les manifestations.

Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Hassan Ghashghavi est allé dimanche jusqu'à qualifier la Voix de l'Amérique, la radio financée par le Congrès américain, et la BBC britannique de «poste de commandement des émeutes».

L'Iran a aussi très mal pris les critiques croissantes des pays occidentaux sur le déroulement du scrutin et la répression des manifestations.

Le président Mahmoud Ahmadinejad a «recommandé» dimanche à Washington et Londres de «corriger leur position d'ingérence».

Téhéran avait fait part de son déplaisir en convoquant en milieu de semaine les ambassadeurs de France, Grande-Bretagne, Pays-Bas, ainsi que de Suisse qui représente les intérêts américains.

Vendredi, l'ayatollah Ali Khamenei a assuré: «les diplomates de plusieurs pays occidentaux qui nous parlaient jusqu'ici avec un langage diplomatique ont montré leur vrai visage, en premier lieu le gouvernement britannique». La foule assistant à son prêche lui a répondu par «A bas la Grande-Bretagne».

Pour enfoncer le clou, le ministre des Affaires étrangères Manouchehr Mottaki a convié dimanche matin le corps diplomatique pour lui exposer, sous l'oeil de la télévision iranienne, que «la Grande-Bretagne a comploté contre l'élection présidentielle depuis plus de deux ans».

Le ministre a expliqué par exemple que «des éléments liés aux renseignements britanniques étaient arrivés en masse avant l'élection présidentielle», selon la traduction en anglais fournie par la chaîne de télévision Press-TV.

Il a appuyé ce propos en affirmant que, pour s'adapter à cet afflux de voyageurs, la compagnie aérienne assurant la ligne Londres-Téhéran avait dû avoir recours à un avion plus gros «de type 747».

La France n'a pas été oubliée, M. Mottaki qualifiant d'«irresponsable» des propos de son homologue Bernard Kouchner, et demandant à cet effet des excuses de Paris. Le ministre avait évoqué une «expression de révolte démocratique" pour parler des manifestations de l'opposition.

Les autorités ont aussi ranimé le spectre du terrorisme depuis quelques jours en diffusant sur les télévisions publiques des reportages sur les Moudjahidine du peuple (OMPI), la principale force d'opposition, en exil.

Le guide suprême avait averti vendredi que des agents pourraient «se cacher dans les rangs du peuple (pour commettre) un acte terroriste».

Les autorités ont fait état le lendemain d'un attentat suicide survenu au mausolée de l'imam Khomeiny, à Téhéran, dont l'auteur serait mort en faisant trois blessés.

Dimanche, le ministère des Renseignements a annoncé l'arrestation d'un «certain nombre d'hypocrites (nom donné par l'Iran aux membres de l'OMPI) entraînés au camp d'Achraf en Irak et entrés en Iran pour y mener des actions terroristes».

La télévision a ensuite montré des aveux publics de personnes au visage flouté qui assuraient avoir été entraînés et commandés avec le soutien de la Grande-Bretagne.

(afp)

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