JO de Rio 2016: Ode à la musique brésilienne en ouverture
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JO de Rio 2016Ode à la musique brésilienne en ouverture

Petit budget mais grand hommage à l'histoire et à la culture brésilienne pour l'ouverture des Jeux.

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L'ancien marathonien brésilien Vanderlei Cordeiro a allumé la vasque olympique dans le stade du Maracana. (Image - 5 août 2016)

L'ancien marathonien brésilien Vanderlei Cordeiro a allumé la vasque olympique dans le stade du Maracana. (Image - 5 août 2016)

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Les Jeux de Rio sont officiellement ouverts. (Image - 5 août 2016)

Les Jeux de Rio sont officiellement ouverts. (Image - 5 août 2016)

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Le drapeau olympique est suspendu dans les airs au stade du Maracana. (Image - 5 août 2016)

Le drapeau olympique est suspendu dans les airs au stade du Maracana. (Image - 5 août 2016)

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A l'image de l'hymne brésilien chanté en version acoustique, les JO de Rio, les premiers de l'histoire sur le continent sud-américain, se sont ouverts par une ode à la musique brésilienne.

Quatre ans après le spectacle inventif et décalé des Jeux de Londres, le réalisateur brésilien Fernando Meirelles, un des trois directeurs artistiques à la manoeuvre, avait prévenu: dans un pays plongé dans une récession économique aiguë assortie d'une sévère crise politique, il fallait composer avec un budget limité.

Oubliée «l'approche high-tech», la «grande fête» proposée par Meirelles, qui promettait de mettre à l'honneur «la richesse de la culture populaire brésilienne», a donné le premier rôle à la diversité de la musique du pays (chantée en portugais, contrairement à la cérémonie d'ouverture du Mondial-2014, qui faisait la part belle à l'espagnol et à l'anglais).

Mélodies culte

C'est au son d'«Aquele abraço», une mélodie parmi les plus célèbres de Gilberto Gil, icône de la musique brésilienne, qu'a débuté la cérémonie d'ouverture des Jeux cariocas. Une introduction immédiatement suivie par l'entrée d'un millier de figurants agitant des feuilles de papier métallique soudainement transformées en coussins géants faisant office de tambours. Puis par une touchante version acoustique de l'hymne brésilien, chanté par Paulinho da Viola, un des plus grands musiciens brésiliens, qui s'est accompagné à la guitare.

A suivi un voyage d'une quinzaine de minutes à travers les multiples tendances de la musique brésilienne, part constitutive de l'identité du pays. A commencer par la bossa, et l'incontournable «A Garota de Ipanema» de Tom Jobim, deuxième chanson la plus connue au monde selon les organisateurs, jouée par son petit-fils Daniel, au son de laquelle l'ex-mannequin vedette Gisele Bündchen a pu défiler en toute quiétude, vêtue d'une longue robe dorée. Loin de la polémique que son apparition annoncée avait fait naître dans la semaine, quand la presse brésilienne avait bruissé de fuites selon lesquelles elle subirait un simulacre d'agression par un gamin des rues.

Stade enflammé

Se sont élevées ensuite des voix issues des favelas, à l'instar du tout jeune Cristian Do Passinho (13 ans) interprétant le «passinho» local, mélange de hip-hop et capoeira. Puis un duo de rappeurs, avant «Pais tropical» de Jorge Ben Jor, qui a réussi à enflammer les quelques 70'000 spectateurs du Maracana, chantant en choeur puis applaudissant en rythme.

Entre-temps, figure imposée du genre: l'évocation des étapes marquantes de l'histoire du pays hôte. Insectes - araignées, chenilles... - en structures métalliques vivant dans l'épaisse forêt amazonienne, caravelles européennes bravant la tempête sur l'océan Atlantique avant d'accoster sur les côtes brésiliennes, esclaves venus d'Afrique oeuvrant dans les plantations de canne à sucre, urbanisation du pays...

Ainsi que le vol du pionnier de l'aviation Alberto Santos-Dumont à bord de son 14 Bis, qui s'est envolé dans les airs au-dessus du Maracana dans la nuit de Rio, survolant les interminables plages cariocas, sous le regard de la statue du Christ rédempteur du haut du Corcovado.

33 athlètes suisses

Chaque délégation a défilé autour de son porte-drapeau. La délégation suisse a fait son entrée dans le stade du Maracana à 22h35, soit 15 minutes plus tard que prévu. Désignée porte-drapeau la veille, la double championne d'Europe 2016 de gymnastique Giulia Steingruber était en tête d'une délégation forte de 33 athlètes. Parmi eux figuraient notamment la jeune golfeuse genevoise Albane Valenzuela, les épéistes Benjamin Steffen et Max Heinzer ou encore la sprinteuse Mujinga Kambundji. Le chef de mission Ralph Stöckli et 37 autres officiels étaient également présents.

De nombreux sportifs et sportives suisses avaient renoncé, souvent la mort dans l'âme, pour se préserver dans l'optique des premières compétitions prévues ce week-end. Giulia Steingruber, qui disputera les qualifications dimanche, avait pris quelques mesures de santé élémentaires pour chasser au mieux la fatigue engendrée par son rôle de porte-drapeau. Elle portait ainsi des chaussettes de contention. A noter que les athlètes avaient la possibilité de quitter le stade juste après l'entrée de leur délégation, des bus les attendant devant le stade.

Appel pour la planète

En conclusion de la cérémonie, le Brésil, qui héberge avec la forêt amazonienne «le plus grand jardin de la planète», selon les organisateurs, a lancé un appel à protéger la Terre du réchauffement climatique.

Un message prolongé lors du défilé des 207 délégations, lancé par la Grèce: chaque athlète a reçu une graine destinée à être plantée. Et détail original, chacune des équipes était précédée par un triporteur aux couleurs acidulées, à la remorque fleurie à foison !

Des fans du monde venus du monde, enroulés dans les drapeaux de leurs pays ou le visage peints, étaient présents, sous la surveillance de 10'000 policiers et militaires omniprésents et lourdement armés.

Grogne politique

A environ 1,5 km du stade, les forces de police encadraient une manifestation d'environ 500 personnes dénonçant «des Jeux de l'exclusion», survolée par un hélicoptère, a rapporté une journaliste de l'AFP.

«Les JO ont accéléré le processus de division de la ville, une partie pour les riches, une autre pour les pauvres, sans éducation ni services», a déclaré Andrea Pavoni, un universitaire italien de 35 ans vivant à Rio et qui a participé à l'organisation de cette manifestation.

«Dehors Temer», scandaient certains manifestants hostile au président brésilien par intérim qui déclarera les Jeux ouverts à la place de la présidente Dilma Rousseff, écartée de ses fonctions dans le cadre d'une procédure de destitution controversée.

37 chefs d'Etat

Quelque 37 chefs d'Etat devaient assister à la cérémonie d'ouverture des jeux Olympiques de Rio, vendredi à partir de 20h00 (01h00 en Suisse), bien moins que les 80 présents à celle de Pékin-2008 et les 70 de celle de Londres-2012.

Michel Temer leur a offerts une réception avant la cérémonie d'ouverture, à laquelle a notamment participé le président français François Hollande, venu à Rio défendre la candidature de Paris pour l'organisation des JO 2024.

Pelé n'allumera pas

Pelé, la légende du football brésilien, avait annoncé vendredi qu'il n'allumerait pas la vasque olympique dans le stade Maracana pour l'ouverture des Jeux de Rio-2016, en raison de douleurs à la hanche. «En ce moment, je n'ai pas les conditions physiques pour participer à l'ouverture des Jeux», a déclaré le «roi», âgé de 75 ans, dans un communiqué diffusé par la presse brésilienne à quelques heures du coup d'envoi de l'évènement sportif planétaire.

«Dans ma vie, j'ai enduré des fractures, des opérations, des douleurs, des hospitalisations, des victoires, des défaites, toujours dans le respect de ceux qui m'admirent. La responsabilité de prendre des décisions me revient et j'ai toujours cherché à ne décevoir ni ma famille, ni le peuple brésilien», a ajouté le triple champion du monde.

«Je suis avec vous ce soir, en énergie et en pensée, au stade Maracana. Que Dieu vous bénisse tous!», a écrit pendant la cérémonie Pelé sur son compte Twitter.

(nxp/ats)

(NewsXpress)

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