02.07.2018 à 09:23

Jura - Nord vaudoisOdeur de soufre à la protection civile

Une fronde vise le comité de direction de la PCi. La grogne touche une trentaine de communes sur une entité régionale qui en compte plus du double.

von
Abdoulaye Penda Ndiaye
Lassociation intercommunale de lOrganisation de la Protection civile du district Jura-Nord vaudois vit des moments tumultueux depuis l'éviction d'un ancien commandant en février.

Lassociation intercommunale de lOrganisation de la Protection civile du district Jura-Nord vaudois vit des moments tumultueux depuis l'éviction d'un ancien commandant en février.

La protection civile (PCi) Jura Nord-vaudois est en crise. Le licenciement en février de l'ancien commandant Claude Rutishauser a exacerbé les crispations et mis de l'huile sur le feu qui couvait. Cette éviction a engendré des grognements plus ou moins discrets. Mais, ces dernières semaines, des voix s'élèvent de plus en plus pour fustiger le comité de direction de la PCi dirigé par le PLR Pierre-Alain Lunardi. Un appel à la démission a même été prononcé récemment par le conseil communal de Chavornay. «Il faut laisser la place à des gens respectueux des aspects humains dans le but de réinstaurer la sérénité», a préconisé un élu.

La commune d'Orbe rejoint les protestataires

Orbe vient d'entrer ouvertement dans la danse. La commune a engagé Claude Rutishauser comme assistant de sécurité publique. Soit une marque de désaveu de la décision du comité de la PCi. D'après nos informations, tous les mécontents ne sont pas encore sortis du bois. «Une trentaine de communes sont contre la façon dont la PCi est pilotée. Il a d'ailleurs fallu pousser des coudes pour que la commission de gestion se penche sur les conditions et la légalité de l'éviction de l'ancien commandant», confie un homme politique de la région.

«Faire le gros dos ou démissionner»

Il y a deux mois, un élu de Vaulion qui occupait un des neuf postes du comité de direction a quitté le navire. «J'avais le choix entre faire le gros dos ou partir. Je me suis retiré mais je ne veux pas polémiquer», a réagi Claude Goy. Selon nos renseignements, d'autres soubresauts risquent de secouer la PCi. Plusieurs signes avant-coureurs font penser que l'assemblée générale, prévue en août, de cette PCi régionale qui coiffe 73 communes sera explosive.

Une pipe à l'origine du clash

Selon nos renseignements, un incendie qui s'est produit en février à Yverdon a servi de détonateur au départ de Claude Rutishauser. L'ancien commandant de la PCi d'Orbe venait de passer fraîchement N°2 avec le regroupement des instances de district en une seule entité régionale. Le jour du sinistre, il ne se serait pas montré sous son meilleur jour. «Il a eu un échange acerbe avec des pompiers. Il fumait la pipe et portait son uniforme de commandant d'Orbe», relève une source. Une clause de confidentielle a jusqu'ici empêché les intéressés à se prononcer sur ce départ qui est en train de causer un schisme au sein de l'association intercommunale de l'Organisation de la Protection civile.

Un patron controversé au passé sulfureux

Le boss du comité de direction de la PCi avait fait parler de lui au centre d'enregistrement des réfugiés de Vallorbe en 2010. Des employés accusaient Pierre-Alain Lunardi de mobbing et de racisme. En 2013, désigné commandant de la police de la ville de Neuchâtel, il avait été congédié avant sa prise de fonction. «Il est victime de gens qui le jalousent», indique un soutien de Pierre-Alain Lunardi. «C'est un manipulateur narcissique», ont indiqué deux personnes l'ayant côtoyé.

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