Dégâts d'eau: Oeuvres d'art attaquées par des champignons
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Dégâts d'eauOeuvres d'art attaquées par des champignons

Mis en danger par des moisissures, le Fonds cantonal d'art contemporain de Genève a pris des mesures pour sauver ses 1'500 pièces.

par
Léonard Boissonnas

«Il fallait faire vite pour éviter une prolifération»: Diane Daval-Beran, conseillère culturelle et responsable du Fonds cantonal d'art contemporain, a craint pour sa collection. En cause: la découverte en juin dernier de moisissures sur un tuyau d'écoulement dans un dépôt du Fonds.

Révélé jeudi par la RSR, cette invasion menaçait les 1500 oeuvres entreposées. Selon les premières constatations, ces champignons seraient liés aux problèmes d'étanchéité du toit du bâtiment. «On a tout de suite appelé notre restaurateur pour qu'il constate les dégâts, explique la responsable. Cinq pièces avaient des moisissures visibles.» Il a fallu traiter à titre préventif 222 autres oeuvres (majoritairement des peintures et des structures datant des années 50-60), comme le confirme Pierre-Antoine Héritier, restaurateur: «La grande majorité des pièces étaient protégées, mais certaines restées à l'air libre étaient susceptibles d'être touchées par des spores.»

Un travail de longue haleine a suivi: «On s'occupe des surfaces, des coins et recoins au moyen de petits aspirateurs spéciaux», précise-t-il. Cette tâche n'est pas terminée: en 13 semaines, environ 170 pièces ont été traitées. Coût de l'opération: 100 000 fr. « Ces problèmes peuvent arriver à toute collection publique, conclut Diane Daval-Beran. En 2003, le Louvre avait déménagé une partie de ses réserves craignant des dégâts d'eau. Aucune collection n'est à l'abri.»

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