Genève: Offensive contre la sous-enchère salariale
Actualisé

GenèveOffensive contre la sous-enchère salariale

Les syndicats genevois ont annoncé mardi le lancement d'une initiative cantonale dont le but est d'augmenter les contrôles auprès des entreprises. Ils ont quatre mois pour récolter 10'000 signatures.

L'Office cantonal de l'inspection et des relations de travail (OCIRT) dispose actuellement de 16 inspecteurs. L'initiative «Pour un renforcement du contrôle des entreprises. Contre la sous-enchère salariale» demande que ce nombre soit doublé et que ces renforts soient affectés prioritairement à la traque au dumping salarial.

Inspecteurs syndicalistes

L'initiative prévoit aussi la création d'un inspectorat des entreprises composé d'une cinquantaine d'inspecteurs miliciens issus du monde syndical. «Nous pensons avoir l'expertise pour effectuer ce travail», a relevé Alessandro Pelizzari, président de la Communauté genevoise d'action syndicale (CGAS).

Pour les syndicats genevois, l'accroissement des contrôles au sein des entreprises est une nécessité, car ces dernières années, la sous-enchère salariale a, selon eux, progressé à Genève comme dans le reste de la Suisse. La CGAS s'appuie sur différents éléments pour étayer ses propos.

«Nous avons par exemple constaté que les bas salaires et les salaires médians ont stagné, alors que les très hauts salaires ont fortement augmenté», a souligné Manuela Cattani, vice-présidente de la CGAS. Les inégalités salariales entre hommes et femmes se sont aussi accentuées.

Les frontaliers moins bien payés

Enfin, l'écart entre les salaires des frontaliers et les salaires des Suisses s'est creusé au fil des ans, les premiers étant moins bien rémunérés que les seconds. La CGAS n'entend pas remettre en cause la libre circulation des travailleurs pour autant. «Ce sont les patrons qui imposent les bas salaires», a souligné Mme Cattani.

La CGAS est consciente que certaines questions concernant le marché du travail se discutent sur le plan fédéral. «Au niveau cantonal, nous ne pouvons que renforcer les contrôles sur les entreprises», a expliqué M.Pelizzari. Les syndicats genevois, qui lancent leur première initiative depuis 1992, sont soutenus par la gauche.

(ats)

Ton opinion