Genève: Offres d'emplois: candidats frontaliers exclus d'emblée
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GenèveOffres d'emplois: candidats frontaliers exclus d'emblée

Le maire de Saint-Julien-en-Genevois (F) va dénoncer auprès de l'UE des offres d'emplois suisses qui écartent d'emblée les non-résidents.

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cht/nxp
Des employeurs suisses spécifient aujourd'hui que les candidats n'habitant pas en Suisse seront écartés.

Des employeurs suisses spécifient aujourd'hui que les candidats n'habitant pas en Suisse seront écartés.

Keystone

Un élu de France voisine se plaint de pratiques discriminatoires en Suisse. En effet, le maire de Saint-Julien-en-Genevois, une commune aux portes de Genève, a choisi la Journée de l'Europe, ce mercredi, pour dénoncer des dizaines d'offres d'emplois suisses qui écartent d'emblée dans leur annonce tous les candidats qui n'habitent pas en Suisse, dévoile mercredi la RTS.

Pour Antoine Vielliard, cette pratique viole les accords bilatéraux. «Je vais transmettre une cinquantaine d'offres d'emplois discriminatoires à l'ambassadeur de l'Union européenne à Berne», annonce-t-il sur les ondes de La Première. «Il y a 450'000 Suisses qui bénéficient de la liberté d'installation dans les pays de l'Union européenne (UE), et cela doit fonctionner dans les deux sens», estime-t-il.

Préférence indigène

Selon lui, le phénomène est parti de Genève mais gagne les autres cantons. «On voit que la Suisse s'y met avec la préférence indigène qui va entrer en vigueur au 1er juillet, mais avant même cette entrée en vigueur, contraire au traité avec l'UE, on s'aperçoit que ces offres d'emplois se multiplient», dénonce-t-il.

La RTS explique que l'objectif du maire de St-Julien est que les instances européennes se saisissent du sujet en allant, cas échéant, actionner la clause guillotine qui entraînerait l'annulation des accords bilatéraux.

Pour la Fédération des entreprises romandes (FER), la démarche est disproportionnée. Selon son directeur Blaise Matthey, le maire «sait très bien qu'il existe des mécanismes pour traiter les différends s'il y en a, et en l'occurrence c'est loin d'être établi». Mais il reconnaît que des questions ont été posées à ce sujet au Conseil de surveillance du marché de l'emploi à Genève. «Mais on a vu que ce n'était pas possible d'opérer par un mécanisme de sanctions. Il n'y a pas de base légale», souligne-t-il.

Le directeur n'encourage pas ce genre d'annonces, explique encore la RTS. Qui rappelle la position de la FER en la matière: un employeur peut engager des deux côtés de la frontière, mais il est préférable de regarder d'abord s'il peut trouver les compétences dont il a besoin sur le marché local.

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