Syrie: Omran, symbole du drame d'Alep, resurgit sur le web
Actualisé

SyrieOmran, symbole du drame d'Alep, resurgit sur le web

Le petit Syrien photographié à l'arrière d'une ambulance en août dernier est en bonne santé. Mais il se retrouve au centre d'une bataille médiatique.

par
joc

Sa photo avait fait le tour du monde en août dernier. Assis dans une ambulance, le petit Omran, 5 ans, semblait en état de choc. Le corps ensanglanté et recouvert de poussière, l'enfant venait d'être blessé dans un bombardement à Alep-Est à la suite des frappes aériennes du régime d'Assad. Son frère n'a pas survécu à cette attaque. L'image, capturée par le photographe Mahmoud Raslan, avait provoqué une onde de choc sur les réseaux sociaux. Et le petit Omran était devenu le symbole de l'horreur des bombardements du régime syrien à Alep.

Dix mois plus tard, des images du garçonnet sont apparues sur le web. Et les nouvelles sont plutôt bonnes: Omran va bien et il a pu rejoindre sa famille à Alep-Ouest. C'est Kinana Alloush, journaliste prorégime, qui a publié ces nouvelles images sur sa page Facebook, lundi, rapporte Mashable. Alloush, connue pour avoir pris un selfie avec les cadavres de rebelles syriens, a interviewé le père de l'enfant.

Des entretiens forcés?

L'homme assure n'avoir pas entendu d'avion au-dessus de sa maison le soir du bombardement et affirme que la presse internationale a voulu se servir de son fils pour charger le régime syrien. Sur Facebook, Kinana Alloush a écrit: «Ceux qui ont essayé de faire couler le sang syrien ont induit la presse en erreur en prétendant qu'il avait été touché par l'armée syrienne. Il vit aujourd'hui dans l'Etat syrien, avec son armée, son chef, et son peuple.»

Jusqu'à aujourd'hui, le père d'Omran avait toujours refusé toute demande d'interview. Son apparition soudaine dans plusieurs médias pro-Assad pose la question de l'instrumentalisation de la victime et de sa famille en faveur du pouvoir syrien. Le papa du garçonnet a-t-il été forcé d'accorder ces entretiens? Impossible de le déterminer.

Prénom et coupe de cheveux changés

Force est de constater que le petit Omran se retrouve au centre d'un combat médiatique entre les rebelles et le régime syrien. La célèbre photo de l'enfant avait, à l'époque, été diffusée par l'Aleppo Media Center, une association soutenant l'opposition syrienne. Mais le pouvoir semble vouloir reprendre à son compte l'histoire de la famille Daqneesh. Le père du petit dit avoir changé le prénom et la coupe de cheveux de son fils en espérant le protéger: «Ils voulaient faire du business sur son sang et publier ses photos», a-t-il affirmé. Il a ajouté que des rebelles l'avaient intimidé, lui demandant de quitter la Syrie pour entacher la réputation de l'armée syrienne.

Avant Omran, une autre enfant syrienne avait déjà été victime d'une récupération politique. La petite Bana Alabed, 7 ans, qui racontait sur Twitter les horreurs de la guerre, avait été reçue en Turquie par le président Erdogan lui-même. Celui-ci avait publié des photos de cette rencontre sur les réseaux sociaux. Et dans une vidéo, la fillette avait remercié le président turc: «Merci de soutenir ces enfants d'Alep et de nous avoir aidés à fuir la guerre. Je vous aime.»

Ton opinion