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CoronavirusPas d’immunité collective en 2021 malgré les efforts de vaccination

Masques, distanciation sociale et lavages des mains seront encore le quotidien de l’humanité «au moins jusqu’à la fin de cette année», selon l’OMS.

«Ce sont des réponses que nous cherchons, non des coupables ou des accusés.»

«Ce sont des réponses que nous cherchons, non des coupables ou des accusés.»

AFP

Dans l’espoir d’enrayer la flambée de la pandémie de Covid-19, les campagnes de vaccination se multiplient dans le monde et l’Union européenne pourrait recevoir fin janvier le feu vert pour un troisième vaccin, autant d’efforts qui ne devraient toutefois pas garantir une immunité collective en 2021 selon l’OMS.

Un an après l’annonce par Pékin du premier décès du Covid-19, la Chine va accueillir une équipe d’experts de l’Organisation mondiale de la Santé chargée d’enquêter sur l’origine du coronavirus. Ils arriveront jeudi à Wuhan, dans le centre du pays, a indiqué mardi Pékin, et devraient être placés en quarantaine avant de commencer leur enquête.

«Ce sont des réponses que nous cherchons, non des coupables ou des accusés», avait assuré lundi le directeur des questions d’urgence sanitaire à l’OMS, Michael Ryan.

La Chine a par ailleurs décidé de confiner par précaution cinq millions d’habitants d’une ville limitrophe de Pékin après un cas de coronavirus, les autorités tentant d’endiguer rapidement de petits foyers apparus près de la capitale. Le Covid-19, inconnu il y a un an, a fait au moins 1.945.437 morts dans le monde, selon le dernier bilan établi par l’AFP.

«Faire preuve de patience»

Face à cette situation alarmante, les campagnes de vaccination accélèrent, même si l’OMS a prévenu que «nous n’allons pas atteindre (…) l’immunité collective en 2021». Le déploiement des vaccins, quand il s’agit de milliards de doses, «prend du temps», a expliqué sa responsable scientifique, Soumya Swaminathan, exhortant à «faire preuve d’un peu de patience».

L’Agence européenne des médicaments a annoncé mardi avoir reçu une demande d’autorisation pour le vaccin AstraZeneca/Oxford. Elle compte procéder à un examen accéléré, avec une décision peut-être rendue le 29 janvier, si les données communiquées sont suffisamment «robustes et complètes».

Une «bonne nouvelle», s’est réjouie la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, alors que le virus a déjà fait plus de 620.000 morts à travers le continent.

Les vaccins de Pfizer/BioNTech et de Moderna sont déjà autorisés dans l’UE.

Des enterrements tous les jours

Au Royaume-Uni, pays d’Europe le plus endeuillé avec près de 82.000 morts, sept centres de vaccination massive ont ouvert lundi. Le gouvernement espère immuniser quelque 15 millions de personnes d’ici mi-février pour commencer à lever son troisième confinement en un an.

Pour accueillir les morts du Covid-19, des morgues provisoires se mettent en place, comme dans le nord-ouest de Londres, près du crématorium de Breakspear, afin de «compléter la capacité existante», a déclaré à l’AFP un porte-parole des autorités locales.

Siraj Qazi, directeur d’une morgue au service de la communauté musulmane à Luton, au nord de Londres, constate un «afflux massif» ces deux dernières semaines. «Nous faisons des enterrements tous les jours et les décès dont nous nous occupons actuellement sont principalement liés au Covid», observe-t-il.

Les autorités britanniques peinent à freiner la propagation du variant -plus contagieux- du virus, avec des dizaines de milliers de contaminations chaque jour.

«Nous sommes à une étape très, très périlleuse» de la pandémie, a alerté Kit Malthouse, le secrétaire d’Etat chargé de la Sécurité publique. «Une petite minorité de gens ne respectent pas les règles et cela coûte des vies», a-t-il déploré, en prévenant qu’un durcissement des restrictions était envisagé.

Suspension des liaisons aériennes

La Russie a d’ailleurs décidé de prolonger la suspension de ses liaisons aériennes avec le Royaume-Uni, deux jours après la découverte du nouveau variant du Covid-19 chez un patient russe de retour de ce pays.

Le Japon cherche pour sa part à isoler un variant du coronavirus récemment détecté sur quatre personnes arrivées dans l’archipel en provenance du Brésil, afin de pouvoir l’analyser davantage.

«Plus le Covid-19 se répand, plus il y a de chances qu’il évolue encore (…). La transmissibilité de certains variants du virus semble augmenter», a relevé lundi le directeur général de l’OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus. Pour autant, toutes les mutations d’un virus ne sont pas forcément plus contagieuses ou dangereuses.

Les organisateurs des Jeux olympiques de Tokyo ont démenti mardi la tenue de discussions en février au sujet d’une éventuelle annulation des JO prévus en juillet, après leur report l’an dernier du fait de la pandémie.

Stade très critique

En Malaisie, le sultan Abdullah Shah a déclaré l’état d’urgence nationale pour faire face «à un stade très critique» de l’épidémie.

De nouvelles restrictions ont été annoncées dans certaines zones pour deux semaines, notamment dans la capitale Kuala Lumpur où les habitants ne doivent pas quitter leur domicile sauf pour des courses indispensables et la plupart des entreprises non essentielles doivent fermer.

Au Liban, la réponse à la pandémie est plus radicale: couvre-feu total pendant onze jours, à partir de jeudi, durant lequel il sera interdit de sortir, même pour faire ses courses alimentaires ou promener son chien.

Vaccination en masse

L’Inde a prévu de commencer dès samedi à vacciner jusqu’en juillet 300 millions d’habitants sur une population d’1,3 milliard.

En France, le gouvernement espère atteindre les 400.000 personnes vaccinées contre le Covid-19 à la fin de la semaine, notamment dans les Ehpad où seuls 30.000 résidents ont reçu le vaccin.

Aux Etats-Unis, où près de 376.000 personnes sont mortes du coronavirus, le président élu Joe Biden a reçu lundi en direct à la télévision la deuxième dose du vaccin de Pfizer/BioNTech.

Autre pays, autre président: au Portugal, Marcelo Rebelo de Sousa, âgé de 72 ans et qui briguera un second mandat dans moins de semaines, a été testé négatif peu après un premier test qui s’était révélé positif.

(AFP)

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