Accidents de transport - On a 1776 fois plus de risques de mourir à moto qu’en train
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Accidents de transportOn a 1776 fois plus de risques de mourir à moto qu’en train

L’office fédéral de la statistique a publié des données sur les accidents liés aux transports. Les deux-roues, motorisés ou non, sont les plus touchés.

par
Yannick Weber
La Suisse fait naénmoins bonne figure en comparaison européenne en termes de sécurité routière.

La Suisse fait naénmoins bonne figure en comparaison européenne en termes de sécurité routière.

LMS

Statistiquement, on peut faire 1,7 million de fois le tour de la terre en train avant de risquer de mourir dans un accident en Suisse. C’est ce qui ressort des calculs de l’Office fédéral de la statistique (OFS), qui a publié jeudi des données concernant les accidents liés aux transports. «Ces dix dernières années (de 2010 à 2019), on a dénombré en moyenne un décès pour 67,3 milliards de personnes-kilomètres parcourus en chemin de fer», dit l’OFS.

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Deux-roues périlleuses

En comparaison avec les autres moyens de transport, le rail est donc de loin le plus sûr. À moto, par exemple, l’OFS compte un accident mortel tous les 38 millions de personnes-kilomètres, c’est-à-dire un risque 1776 fois plus élevé que celui du train. En deuxième position des moyens les plus accidentogènes: le vélo (électriques non inclus), avec 782 fois plus de risques qu’avec le transport ferroviaire. «Si, par contre, on mesure le risque de mortalité non pas par rapport aux kilomètres parcourus mais par rapport au temps de parcours, le vélo se positionne bien mieux», ajoute l’OFS.

Imaginez: trois fois Genève

L’OFS a également calculé la superficie totale du territoire suisse qui est dévolu aux infrastructures de transport (routes, rails, aéroports, etc). Le chiffre se monte à 952km², ce qui équivaut à 3,3 fois la superficie du canton de Genève. Sur ce total, 88% sont des routes ou des autoroutes, c’est-à-dire que la surface totale des routes en Suisse est supérieure à la superficie du canton de Neuchâtel en entier. Pour le reste, les infrastructures ferroviaires représentent 10% du total et les aérodromes et aéroports seulement 2%. Et pour ceux qui ont le sentiment que la route est désormais laissée pour compte au profit du train, rassurez-vous: par rapport aux mêmes calculs au début des années huitante, la surface totale des routes en Suisse a augmenté de 15%, pendant que celle des aires ferroviaires n’a augmenté que de 3%.

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Encore beaucoup de blessés

Bien qu’impressionnants, les chiffres ne doivent pas occulter la bonne nouvelle: le nombre d’accidents liés aux transports a constamment reculé ces dernières décennies. «En 2020, plus de 250 personnes sont décédées dans des accidents de transports en Suisse, dont 227 dans des accidents routiers, 17 dans des accidents ferroviaires et 8 dans des accidents aériens», indique l’office.

Les chiffres sont en recul de 83 à 89% depuis 1970. À noter que, pour le train, les données n’incluent pas les suicides, mais prennent en compte, par exemple, des collisions avec des personnes ou des voitures sur les passages à niveau.

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Au top niveau européen

Dans l’absolu, par contre, le nombre de blessés reste important. En 2020, sur la route, on a dénombré 3793 blessés graves et 16’002 blessés légers. En revanche, relativement au nombre de kilomètres parcourus chaque année (qui augmente constamment), les accidents avec blessés sont eux aussi en recul.

Par ailleurs, la Suisse se positionne bien en comparaison européenne, puisque seule la Norvège enregistre moins de tués par million d’habitants (20) que notre pays (22), à égalité avec la Suède (22). En France (50) et en Italie (53), par contre, les accidents sont encore plus de deux fois plus nombreux.

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