Omar Sy: «On a du travail à faire sur la représentation»
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Omar Sy«On a du travail à faire sur la représentation»

Sensible au sort des toutes les minorités, Omar Sy juge que la scène artistique française n'est pas représentative de son pays.

par
Julienne Farine

Dans le film «Chocolat», l'acteur incarne Chocolat, le premier artiste noir en France, dont la carrière a débuté en 1886 dans un cirque. Un personnage avec lequel il a, outre la couleur de peau et le métier, plusieurs points communs.

Appréciez-vous l'univers du cirque, dans lequel évolue Chocolat?

C'est quelque chose que j'aimais quand j'étais petit. Je m'en suis complètement désintéressé plus tard, parce que j'ai l'impression qu'à un moment donné où on nous a mis en avant les mauvaises personnes. Le cirque était devenu un peu pauvre, triste, pas comme il ''était à l'époque du film, festif, coloré, gigantesque.

Comment avez-vous réagi quand on vous a proposé ce rôle?

Quand on m'a parlé de l'histoire, je n'ai eu aucun moment d'hésitation. L'histoire de cet homme-là, au delà du clown et au-delà du cirque, c'est l'histoire d'une vie, l'histoire d'un homme qui a existé et qu'on a totalement oublié. C'est ça qui m'excitait.

Qu'avez-vous de Chocolat en vous?

Le fait qu'il vienne d'un duo, d'abord. Le lien avec les enfants et les hôpitaux, aussi, c'est quelque chose que je fais aussi régulièrement par le biais de ma femme qui est la présidente d'une association qui s'occupe de ça. Comme lui, j'ai ma statue au musée Grévin. Le fait également qu'on ait dit de moi au moment où j'ai eu le César, que j'étais le premier artiste noir de la scène française alors qu'il y avait eu Chocolat avant. Là, on rétablit la vérité.

Cent ans après Chocolat, avez-vous l'impression que la situation par rapport aux artistes noirs a changé?

Si je devais m'exprimer sur la représentation des minorités, je parlerais de toutes les minorités. Ça doit changer pour toutes. Je voudrais élargir un peu le débat. On a du travail à faire sur la représentation, mais ça ne se limite pas aux Noirs.

Ce sont vos vrais cheveux dans le film?

Il y a plusieurs versions. Il y a eu un moment où c'était mes cheveux, oui. Après il y a eu des perruques qui se sont ajoutées. Toute la fin du film, où il a moins de cheveux, ce sont les miens.

Chocolat, dans sa carrière, n'a pas toujours fait les bons choix. Vous pensez à ça quand on vous propose quelque chose?

Oui, sur chaque décision prise il y a un moment où ça nous traverse l'esprit. Le choix fait partie de notre travail et a des grosses conséquences sur la suite de notre carrière. Forcément, quand on prend des décisions, il faut intégrer ça. En même temps, j'ai le sentiment d'être libre. Jusqu'à présent, j'ai fait toutes les choses qui m'inspiraient et dont j'avais envie et ça ne m'a pas fait trop mal. J'essaie de fonctionner comme ça, parce que le plus important c'est de faire les choses avec le plus de coeur et d'envie possible. Je crois que je ne serais pas bon en stratège.

«Chocolat»

Dès le 3 février au cinéma

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