Vernier (GE): «On a entendu crier et crier encore!»
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Vernier (GE)«On a entendu crier et crier encore!»

Le sinistre qui a éclaté vers minuit dans le centre de requérants des Tattes a fait un mort et plus de quarante blessés. L'origine du feu reste inconnue. Les témoins décrivent des scènes de panique.

par
David Ramseyer

«On a entendu crier et crier encore! On a cru à une bagarre... Ensuite il y a eu des bruits violents, comme des meubles qui s'écrasent au sol. Et puis, depuis le premier étage de notre maison, on a vu l'incendie.» Patricia Junod est encore sous le choc, lorsqu'au matin, elle raconte ce qu'elle a vu. Elle habite à quelques dizaines de mètres des immeubles du centre d'hébergement pour requérants d'asile des Tattes à Vernier. «Tous les voisins se sont retrouvés dehors. On avait peur que l'incendie ne se propage à d'autres bâtiments et à nos maisons.» Choquée, Yamina Corici, une autre voisine des lieux, décrit des scènes folles: «Il y a des gens qui sautaient par les fenêtres des étages, même des étages supérieurs».

Un requérant nous montre la vidéo qu'il a tournée avec son smartphone: on y voit des gens courir dans tous les sens, ça crie et puis il y a ce bruit, ces flammes qui grondent en s'échappant de cette fenêtre du rez-de-chaussée... «J'ai vu des gens se briser les os en touchant le sol après avoir sauté des fenêtres», affirme cet autre requérant, toujours en bas de pyjama près de 12 heures après le début de l'incendie. De véritables scènes de panique, selon les différents témoins. «Il faut vous imaginer la nuit, sous la pluie, avec cet incendie et une épaisse fumée: nous avons eu beaucoup de difficultés à rassembler tout le monde», indique Ariane Daniel Merkelbach, directrice de l'aide aux migrants.

Relogés dans des PC

Le sinistre aurait éclaté vers minuit lundi, pour une raison encore inconnue. Le feu a pris dans une pièce du rez-de-chaussée, la fumée s'est ensuite propagée aux couloirs et pièces de l'ensemble du bâtiment. Un homme de 29 ans est décédé. Il a succombé à une intoxication à la fumée. 43 personnes ont été blessées, dont onze grièvement. Le pronostic vital est engagé pour deux d'entre elles. Les blessés ont été transportés aux HUG, mais aussi à l'hôpital de La Tour à Meyrin, ainsi que dans le canton de Vaud, à Nyon et à Morges.

En tout, ce sont environ 180 habitants de l'immeuble I-J du centre des Tattes qui ont dû être évacués. Tous sont des requérants déboutés ou frappés d'une décision de non-entrée en matière. Ils ont été relogés dans les abris de protection civile des Libellules et des Trois-Chênes. Ils pourront réintégrer les appartements des Tattes dans une semaine, si tout va bien, à l'exception des occupants du rez-de-chaussée. L'étage a été ravagé par les flammes et impossible aujourd'hui de prévoir quand il sera à nouveau habitable, a expliqué la direction du centre d'hébergement. «Ce matin (ndlr: lundi), nous avons dû mettre sur pied une aide d'urgence pour fournir des vêtements aux personnes évacuées, explique Yvan Sturm, responsables du centre des Tattes. Les gens sont partis en catastrophe et ne peuvent retourner dans leur chambre pour prendre des habits.»

Une vingtaine de véhicules et environ 60 pompiers, professionnels et volontaires, sont intervenus. Le sinistre a été maîtrisé vers 1h. Il y a trois ans, un incendie avait déjà frappé le centre de requérants d'asile des Tattes: le sinistre avait fait onze blessés, dont quatre grièvement.

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