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Présidentielle française«On a gagné, mais c’est une victoire en demi-teinte»

Avec environ 58% des voix, Emmanuel Macron rempile pour un deuxième mandat. À Paris, le soulagement des uns contrebalance la déception des autres, qui comptent sur les législatives de juin pour s’opposer au président réélu.

par
Côme Gallet/Lauren von Beust, Paris
Explosion de joie sur le Champ-de-Mars à l’annonce des résultats

Le ciel était couvert, mais l’orage annoncé n’est pas tombé sur le Champ-de-Mars. Pas plus que le séisme (politique) qu’une victoire de l’extrême droite aurait représentée. À peine le résultat donnant Emmanuel Macron vainqueur tombé, les quelques milliers de personnes présentes ont poussé un gros ouf de soulagement. La foule dense, massée sur l’esplanade située juste devant la tour Eiffel, a ensuite rapidement transformé les lieux en un dancefloor géant.

Dancefloor géant devant la Tour Eiffel


Alors que le DJ lance le tube One More Time de Daft Punk, les gens exultent, s’embrassent et se prennent dans les bras. «Chérie, il a plus de 58%, on les a taulés», hurle un quadragénaire au téléphone avec sa femme. Autour de lui, les gens rigolent même si certains se montrent un peu moins optimistes. «On bat l’extrême droite mais l’écart se resserre, on a gagné mais c’est une victoire en demi-teinte vu le score de l’extrême droite», tempère Virginie, une étudiante venue avec une amie assister à la «victoire des démocrates».

Le discours de Macron ne fait pas l'unanimité

De nombreuses personnes sont arrivées sur le Champ de Mars après l’annonce des résultats pour assister au discours du président réélu. Parmi la foule, les gens n’ont pas été conquis. «Il parle de la guerre en Ukraine mais Monsieur Macron je ne suis pas d’accord avec vous, moi je ne veux pas de la guerre», souffle une jeune femme. Une autre peste: «Il cite beaucoup les jeunes mais veut nous faire travailler plus longtemps, quelle blague!».

Après 15 minutes de discours, et une Marseillaise interprétée par la mezzo-soprano égyptienne de l’Opéra de Paris Farrah El DIbany, Emmanuel Macron quitte la scène à la grande déception de ceux qui ont fait le déplacement. «Quoi c’est tout?! Moi qui était venu pour faire la fête. Si j’avais su je n’aurai pas fait le déplacement», soupire Redouane, 24 ans.

La Marseillaise 

«Guignol réélu»

Du côté du pavillon d’Armenonville, où Marine Le Pen vient d’achever son discours, les partisans de la candidate du Rassemblement national quittent progressivement le lieu, la mine déçue et les yeux un peu rouges. «C’est quoi ce guignol que l’on a réélu pour cinq ans?! Non mais sérieux!» s’énerve un sexagénaire en costard-cravate. Malgré la défaite, nombre d’entre eux saluent néanmoins le score réalisé – 42% – et misent désormais sur les élections législatives, prévues en juin prochain. Plus loin, quelques voitures klaxonnent, des «dégage, Marine!» résonnent au nez et à la barbe des perdants qui comptent bien ne rien lâcher pour remporter le «troisième tour» de cette élection les 12 et 19 juin.

Abstention élevée

Emmanuel Macron a été réélu dimanche à la présidence de la République avec environ 58% des voix face à Marine Le Pen (environ 42%) selon les premières estimations, une nette victoire tempérée par le score inédit de l’extrême droite et une abstention élevée (28%).

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