Actualisé 15.12.2015 à 11:34

InformatiqueOn a testé la Pixel C, la tablette 100% Google

La firme américaine a dégainé un superbe terminal mobile sous Android au format A 4 convertible en mini PC. Il peine cependant à convaincre entièrement.

de
Laurent Favre

Avec la tablette Pixel C, on remarque toute de suite un magnifique objet en aluminium anodisé, bien fini, qu'on a envie de choyer. Il tient parfaitement en mains. Tout au plus peut-on relever que la matière est un peu froide en période hivernale.

On branche immédiatement la Pixel C avec son clavier-support, vendu en option, mais une option qui se révèle quasi obligatoire pour profiter des vrais avantages de cette tablette. L'arrimage de la tablette sur le clavier se fait en douceur grâce à un système d'aimants et la connexion Bluetooth met automatiquement en relation les deux composants pour en faire une forme de mini PC.

On peut incliner l'écran à l'envi avec une bonne sensation de stabilité. Aucun doute, les deux font la paire, d'autant plus qu'une fois éteint, le clavier vient faire office de coque de protection de l'écran, toujours grâce à ce système d'aimants. Le clavier en profite aussi pour venir se charger, de manière qu'on a en théorie jamais besoin de s'en occuper.

Superbe écran

Une fois allumé, on remarque un superbe écran très lumineux de 10,2 pouces en haute résolution QHD (2560 x 1800 px). On remarque un format A4 original qui s'écarte des formats conventionnels 4:3 ou 16:9. Avec cette taille d'écran de 10.2 pouces, la Pixel C fait mieux que les 9.7 pouces de l'iPad Air 2 (Il le déclasse même en matière de résolution avec une densité de pixels de 308 ppi contre 264 ppi). Avec 10.8, respectivement 12.9 pouces, la Surface 3 de Microsoft et l'iPad Pro d'Apple font elles voir plus grand.

Au dos de la Pixel C, une barre d'indication de l'état de la batterie s'affiche avec un effet visuel tape-à-l'oeil, qui se décline évidemment aux couleurs du moteur de recherche.

Matériel et prix haut de gamme

Google a fait appel à Nvidia et à sa dernière puce en date, la Tegra X1, réputée l'une des plus performantes sous Android. Pas de port pour une carte microSD, mais un port USB Type-C avec ses avantages en matière de vitesse de charge et de débit de transfert de données.

Le terminal est doté de deux capteurs photos, 3264 x 2448 pixels pour le dorsal, et 1920 x 1080 pixels pour le frontal.

La Pixel C est vendue en version 32 Go (549 fr.) et 64 Go (659 fr.). Aucune version avec connexion mobile 4G n'est proposée. Pour le clavier, il faut encore ajouter 169 fr. Donc, au total, un minimum de 718 fr. pour avoir la paire. Dans cette gamme de prix, on trouve en solde, clavier-protection non inclus, un iPad Air 2 (64 Go) pour 499 fr. et une Surface 3 de Microsoft (128 Go) pour 579 fr. Il y a également des PC convertibles dans cette catégorie de prix.

Sous Android 6

C'est la première tablette dont Google n'a pas sous-traité la fabrication. Elle embarque sans surprise Marshmallow, la dernière version 6 d'Android. La sortie d'une tablette Android sous la marque Pixel a surpris bon nombre de spécialistes. Elle était jusqu'ici réservée aux Chrombooks, les ordinateurs à bas prix de Google équipés de Chrome OS, le système d'exploitation non tactile dédié. Google avait récemment démenti vouloir fondre Chrome OS dans Android, mais avait concédé vouloir les rapprocher. Selon le site arstechnica, le modèle n'aurait initialement pas été prévu pour tourner sous Android.

Cas d'utilisation

On distingue dans un premier temps l'utilisation de l'appareil en mode tablette pure, détachée du clavier-support, pour consulter des applications ordinaires ou des vidéos. Son poids d'un demi kg (517 g.) dans la main se fait vite sentir, surtout quand on est habitué à des tablettes plus légères, voire des phablettes pour ce type d'usage.

Par contre, arrimée sur son clavier très complémentaire, elle se révèle très agréable pour consulter ses apps, regarder des vidéos, voire exécuter de petites tâches de productivité avec la suite Google Apps. Il s'agit cependant de perdre ses habitudes d'utiliser le trackpad en se servant à la place de la surface tactile de la tablette.

Pas sûr cependant que la Pixel C soit «idéale pour partager des photos et des vidéos avec vos proches pendant les fêtes», comme nous l'affirme la promesse publicitaire de Google. On a vu mieux pour prendre ou envoyer des photos en ligne, et question de passer la tablette à son voisin, y a plus confortable, surtout si elle arrimée à son clavier qui ajoute quelque 399 g. supplémentaire à la tablette pure, soit quasi un kilo dans la main. Cela équivaut au poids de certains PC convertibles dans la même catégorie de prix.

La navigation s'avère très fluide. Certains tests ont fait état de surchauffe avec des jeux et avec Google Earth. On peut confirmer qu'après une quinzaine de minutes avec l'application de cartographie, cela commence à chauffer au dos de l'appareil, de quoi faire suinter la main qui la tient.

Grâce à son clavier-support, la Pixels C se met rapidement en action pour profiter du moindre coin de table ou de genoux pour offrir une belle stabilité sans devoir traîner une sacoche d'accessoires. «L'ordinateur portable est le plus adapté lorsque vous devez saisir de longs documents», promet Google. Certes, le clavier est confortable, mais on n'aurait pas envie de devoir l'utiliser quotidiennement durant plusieurs heures.

Conformément à la nature d'Android, on est contraint de se limiter au monde des applications Android et notamment de la suite Google Apps. Cela peut suffire, ou pas. Dans tous les cas, rien à voir avec le potentiel d'une tablette Surface de Microsoft qui fait tourner des logiciels ordinaires.

En tant qu'outil nomade, l'absence d'une version compatible 3G/4G est également préjudiciable. Les connexions wi-fi sécurisées ne se trouvent pas à chaque coin de rue. Elles sont aussi inadaptées pour des gens très mobiles. Pour cette catégorie de personnes, il reste bien sûr encore l'option de le brancher sur le point d'accès de son smartphone, avec les risques de griller la batterie du smartphone - même si par la magie du câble USB Type-C, la Pixel C pourrait y subvenir.

Question autonomie de la Pixel C justement, Google promet 10 heures avec la batterie 9000 mAh en lithium-polymère (Li-Pol) . De notre test, on réduit le tiers avec une utilisation soutenue, mais pas excessive.

Verdict

On a aimé l'utilisation de cette tablette avec son clavier-support qui se pose facilement sur un petit espace ou sur les genoux avec une excellente stabilité. La qualité de l'écran permet d'apprécier le contenu sous toutes ses formes.

La tablette Pixel C aura de quoi ravir les habitués d'Android qui sont prêts à dégainer à la moindre occasion leur terminal pour utiliser les applications Google Apps.

L'utilisation de la tablette sans son clavier est davantage sujette à caution. Elle conviendra à ceux qui aiment sentir dans les mains un objet solide.

Pour les gens avec un budget plus serré, il trouveront certainement pour moins cher à la fois une tablette et un Chromebook (ou un PC portable), remplissant mieux leurs différents besoins.

Le compromis proposé par la Pixel C n'est à notre goût pas optimal, en raison notamment du poids de la tablette, des limites de productivité liées à l'utilisation des seules applications Android et l'absence d'une version compatible avec la 4G.

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!