Bigflo & Oli: un peu rappeurs, un peu chanteurs
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Album de Bigflo & Oli«On a un pied dans le hip-hop et l’autre dans la chanson»

Bigflo et Oli reviennent en force avec «Les autres c’est nous», un album qui contient des collaborations avec des cadors de la musique.

par
Fabien Eckert
Les sympathiques frères Bigflo (à g.) et Oli sont devenus des incontournables de la musique française.

Les sympathiques frères Bigflo (à g.) et Oli sont devenus des incontournables de la musique française.

Fifou

Après presque deux ans de pause, les deux frères sont de retour. Bigflo et Oli sortent, vendredi 24 juin 2022, leur quatrième album, «Les autres c’est nous», dont le titre et la pochette ont été choisis par les fans. Ce très bon disque entre chanson et rap, fort de 21 morceaux, met en lumière les doutes, les peines et les joies des deux Toulousains, qu’on verra à l’Estivale à Estavayer-le-Lac (FR) le 26 juillet 2022. Parole à Oli, 26 ans.

Dans «La vie d’après», vous dites que ce quatrième album met «plus de pression». C’est vrai ça? Vous n’avez pourtant plus grand-chose à prouver…

Oui, c’est vrai parce qu’on a envie de durer. Réussir, c’est déjà dur. Parvenir à tenir sur la longueur l’est davantage. Le premier album était une carte de visite. Les deux suivants ont très bien marché. Là, si on réussit avec celui-ci, ça veut dire qu’on a encore plusieurs années devant nous. C’est une vraie étape. On désire s’implanter un peu plus dans la tête des gens comme étant des poids lourds de la musique. On n’est plus les rookies qui démarrent avec le côté frais de nos débuts!

Vous dites aussi que désormais vous influencez la jeunesse. C’est un poids à porter?

C’est en tout cas une responsabilité qu’on a et qu’on assume. Beaucoup d’artistes n’écrivent pas forcément pour les autres, de manière presque égoïste. Nous, on a toujours pensé aux autres. On sait que nos phrases sont écoutées, reprises. Parfois, certaines personnes nous ont dit que nos textes les avaient aidées à surmonter des choses, des moments durs.

Parlons du titre «Booba». C’est un tacle ou un hommage?

Je pense que celui-là, il va faire parler (rire)! Pour nous, c’est clairement un hommage. C’était aussi une manière de faire un morceau différent des autres, avec une production lourde et beaucoup d’egotrip. Et le roi du genre, c’est Booba, dont on est fan artistiquement depuis des années. Ses titres à l’américaine nous motivaient déjà quand on allait au lycée. On trouvait marrant et original de citer cet artiste très controversé et qui est souvent placé en opposition avec nous.

Il y a aussi beaucoup de mélancolie, de nostalgie et un côté désabusé qui se dégagent de certaines chansons…

C’est vrai. Il y a toujours eu ça dans notre univers, même si les gens nous connaissent davantage pour notre côté solaire. En grandissant, il y a une forme de liberté qui s’est installée. On est donc allé au bout de cette mélancolie, on y est allé à fond comme sur «Bons élèves» avec MC Solaar.

D’ailleurs, il y a beaucoup de collaborations sur ce disque: Leto, Vald. Tayc et Russ, mais aussi hors rap avec les chanteurs Francis Cabrel, Julien Doré ou Olympe Chabert…

On est fier du côté bordélique de ces noms qui n’ont pas grand-chose à voir entre eux. C’est à l’image de notre vision de la musique: on casse des barrières entre les styles, les âges et les époques. Ça montre aussi qu’on a un pied dans le hip-hop, l’autre dans la chanson et la tête tournée vers les pays latinos, avec, par exemple, le titre «José et Amar» où on parle de notre grand-père argentin.

Ç’a encore du sens de sortir un album de 21 morceaux à l’ère du streaming?

On n’avait pas le choix! On avait trop de choses à dire, à raconter après trois ans sans rien sortir. Ç’a été dur de choisir et de faire le tri. J’ai l’impression que cette longueur est moins choquante pour la jeune génération du rap. Nekfeu a fait des albums très longs, Gims a fait un double album et un mec comme Jul balance un album tous les trois mois.

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