Football féminin - «On a vraiment fait douter Chelsea, c’est une grande fierté»
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Football féminin«On a vraiment fait douter Chelsea, c’est une grande fierté»

Défaites 1-0, les Servettiennes ont frôlé l’exploit sur la pelouse de Chelsea, jeudi en Ligue des championnes. Eric Sévérac revient sur la superbe performance de ses protégées.

par
Florian Paccaud
(Londres)
Amandine Soulard et les Genevoises n’ont pas réussi à faire tomber Sam Kerr et les Blues, mais elles leur ont posé de gros problèmes.

Amandine Soulard et les Genevoises n’ont pas réussi à faire tomber Sam Kerr et les Blues, mais elles leur ont posé de gros problèmes.

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Battues 0-7 au Stade de Genève il y a une dizaine de jours, les Genevoises avaient à cœur de montrer que cette claque ne reflétait pas leur niveau. Grâce à une performance collective remarquable, elles ont fait trembler Chelsea, finaliste malheureux de la dernière édition, au Kingsmeadow de Londres. L’entraîneur genevois Eric Sévérac revient avec nous sur cette rencontre.

Eric Sévérac, quel est votre sentiment après cette partie?

Je suis très fier des joueuses et du respect de ce qu’on a mis en place tactiquement. On a beaucoup travaillé depuis la petite gifle reçue la semaine dernière. L’équipe a parfaitement appliqué ce qu’on avait exercé. On peut être frustré car on aurait pu ramener quelque chose de Londres, contre une des meilleures équipes d’Europe. Mais le plus important, c’est le beau visage qu’on a montré ce soir. On a vraiment fait douter Chelsea. C’est vraiment une grande fierté pour nous, même si on est désormais mathématiquement éliminés.

Est-ce qu’on peut parler d’exploit, malgré la défaite?

Plus ou moins. C’est un exploit, dans le sens où, après le 0-7 du match aller, tout le monde s’attendait à ce qu’on en prenne au moins autant. Mais par rapport à ce que font les joueuses au quotidien, leur potentiel, je dirais que pour nous, le staff, ce n’est pas une surprise.

Est-ce qu’il y a des regrets sur ce match? Car Servette a failli ouvrir le score…

Moyennement, car après quelques minutes, on peut aussi être menés au score sans une superbe parade d’Inês Pereira. Oui, on aurait pu marquer, mais les Anglaises se sont également créé un grand nombre d’occasions. S’il faut regretter quelque chose, c’est le match aller.

Tactiquement, l’équipe était vraiment très au point. Retirez-vous une satisfaction personnelle de cette performance?

Ce sont les joueuses qui se battent sur le terrain, donc le mérite leur revient. À la mi-temps à Genève, on avait opté pour le système de jeu dans lequel on a évolué aujourd’hui. Ce n’est jamais facile de changer en cours de match, surtout avec notre jeune effectif. Donc on a continué à travailler dans cette lignée, pour que tout le monde comprenne ce qu’on voulait. Cela veut dire que le message est bien passé. Défensivement, l’équipe est capable, malgré la redoutable opposition, de rendre une copie s’approchant de la perfection. Et maintenant, il faut qu’on arrive à jouer un peu plus et être capables de conclure sur nos contres.

Le prochain pas, c’est d’aller marquer ce but tant attendu?

Je pense que maintenant, on peut même être plus ambitieux. Wolfsburg va venir à Genève pour gagner absolument (ndlr: le 8 décembre), afin de ne pas être éliminé. À nous de faire un match aussi sérieux qu’ici à Londres. Et peut-être se montrer plus offensif pour marquer un but. Mais je pense que c’est plutôt un point qu’on doit aller chercher. Au vu de notre performance à Chelsea, il ne faut pas être avare de projets et d’ambitions.

Avant cette phase de poules, vous aviez dit que le but était de montrer que Servette Chênois faisait partie des 16 meilleures équipes d’Europe. Est-ce qu’on peut dire ce soir qu’il est atteint?

Je pense qu’en ne perdant ici que 1-0, oui on l’a montré (ndlr: la dernière fois que Chelsea avait si peu marqué en match officiel devant son public remonte au 17 février 2020). Mais maintenant, pour qu’on existe réellement sur cette scène européenne, il faut accumuler ces performances. Les trois premières n’étaient pas forcément à la hauteur, excepté peut-être contre la Juve. Mais c’est aussi dû au fait qu’on n’a pas un effectif pléthorique. Et dès qu’on fait un ou deux changements et qu’on n’a pas le temps de travailler tactiquement, tout devient plus compliqué. En tout cas, on a envie de revenir en Ligue des championnes l’année prochaine. Et si on y arrive, au vu de ce que les joueuses ont montré, on ne fera pas tache. Car on va continuer à progresser.

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