Chantier de la gare de Lausanne : «On ajoute du retard au retard»

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Lausanne «On ajoute du retard au retard» du chantier de la gare

Des questions techniques prolongent l’arrêt des travaux et suscitent la colère des autorités.

par
Pauline Rumpf

Retrouvez les images du projet et du chantier en vidéo.

20 minutes

Expertise, contre-expertise, désaccord: l’Office fédéral des transports (OFT) n’est toujours pas satisfait du dossier déposé par les CFF, et l’a fait savoir mardi en mettant sur pause les travaux jusqu’à ce que des «manquements techniques» soient résolus. Sont pointés des problèmes de statique, soit «la base de l’ingénierie» selon le conseiller aux Etats et ingénieur en génie civil Olivier Français. Des études complémentaires ont été demandées aux CFF pour garantir «la sécurité et la longévité» des installations, ce qui décalera tout le calendrier.  

Frustration face à un nouveau retard

Du côté des autorités, c’est l’inquiétude mais aussi l’agacement qui transparaît. «Cette mise à niveau d’une installation ferroviaire déjà saturée est nécessaire depuis bien trop longtemps, rappelle la conseillère d’Etat en charge des infrastructures Nuria Gorrite. Initialement, elle devait être finie en 2025, et le dossier est sur le bureau de l’OFT depuis 2015. C’est étrange que l’on découvre seulement fin 2022 qu’il y a des problèmes dans la structure même des travaux.»

Selon les informations reçues par le Canton, le délai additionnel se chiffre à au moins 12 mois, pour un surcoût à la charge de la Confédération, mais pas seulement, puisqu’indirectement les travaux de mise à niveau du métro M2 et du futur M3 souffriront de ce retard. Personne ne chiffre encore la douloureuse supplémentaire dans le projet des CFF, mais Olivier Français l’estime à près de 50 millions de francs, sur un projet à 1,3 milliard.

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Le «syndrome de Tolochenaz»

Un tel rebondissement est «peu courant», juge Olivier Français. Sans avoir participé à l’expertise lui-même, l’ingénieur se questionne sur les hypothèses de travail qui y sont explorées. «Il me semble qu’aujourd’hui on souffre du syndrome de Tolochenaz: on n’admet plus un risque calculé inhérent à tout projet.» De quoi «ajouter du retard au retard» alors que le nœud ferroviaire lausannois est incontournable et limite l’amélioration de tout le réseau.

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