Autriche: Vienne sous le choc après une «attaque terroriste»
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AutricheVienne sous le choc après une «attaque terroriste»

Alors que les Viennois profitaient de leur dernière soirée avant le confinement, des hommes armés ont mené une attaque au cœur de la ville lundi.

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La police zurichoise a arrêté ce mardi après-midi à Winterthour (ZH) deux hommes de 18 et 24 ans, soupçonnés d’être liés à l’attentat survenu lundi soir à Vienne. (Mardi 3 novembre 2020)

La police zurichoise a arrêté ce mardi après-midi à Winterthour (ZH) deux hommes de 18 et 24 ans, soupçonnés d’être liés à l’attentat survenu lundi soir à Vienne. (Mardi 3 novembre 2020)

KEYSTONE
Les spectateurs de l’opéra de Vienne ont quitté sous escorte la représentation, la dernière avant le confinement. (Mardi 3 novembre 2020)

Les spectateurs de l’opéra de Vienne ont quitté sous escorte la représentation, la dernière avant le confinement. (Mardi 3 novembre 2020)

AFP
Quinze personnes reçoivent actuellement des soins à l’hôpital, dont sept sont grièvement atteintes, a déclaré le maire de Vienne, Michael Ludwig. (Mardi 3 novembre 2020)

Quinze personnes reçoivent actuellement des soins à l’hôpital, dont sept sont grièvement atteintes, a déclaré le maire de Vienne, Michael Ludwig. (Mardi 3 novembre 2020)

AFP

Les amateurs de musique profitaient d’un dernier opéra, les jeunes buvaient un dernier verre avant un mois de confinement quand des tireurs armés ont brusquement surgi dans la quiétude de Vienne.

De nombreuses zones d’ombre demeurent mais selon les premiers éléments, l’attaque, menée par plusieurs assaillants dont l’un toujours en fuite, a frappé le cœur de la capitale autrichienne vers 20h00 heure locale. Partie d’une synagogue, elle se serait ensuite déroulée en cinq autres lieux situés à proximité.

Des témoins ont raconté avoir vu un homme tirer «comme un fou» avec une arme automatique. «On aurait dit des pétards, puis on a réalisé qu’il s’agissait de coups de feu», explique l’un d’entre eux sur la chaîne de télévision publique ORF.

Des femmes fuient la zone des fusillades, en plein centre de Vienne, lundi 2 novembre 2020.

Des femmes fuient la zone des fusillades, en plein centre de Vienne, lundi 2 novembre 2020.

AFP

«Haut les mains»

Stupeur dans les restaurants et bars du quartier, où les clients sont priés de rester à l’intérieur, lumières éteintes, pendant que les sirènes des ambulances hurlent à l’extérieur. «Soudain des gens sont entrés et m’ont dit de ne pas sortir, qu’il y avait une fusillade», décrit Jimmy Eroglu, 42 ans, serveur dans un café.

«Au début, je me suis dit qu’on tournait peut-être un film américain ou qu’ils avaient trop bu», poursuit-il. Mais il entend alors des détonations et s’empresse de fermer la porte. «Puis la police est arrivée et nous a dit de tous rester à l’intérieur parce qu’il y a probablement un homme mort là-bas».

Panique aussi dans les salles de sport, prisées pour leurs dernières heures d’ouverture et soudain plongées dans l’obscurité pour éviter d’être repérées des tireurs. Sur les réseaux sociaux, la police ne cesse d’appeler les habitants à la prudence: «Restez chez vous!» scandent en boucle les messages sur Twitter.

«Une attaque terroriste répugnante»

Hélicoptères survolant les lieux, cordons de police, frontières contrôlées, soldats et policiers mobilisés pour retrouver l’assaillant en fuite: la ville de Vienne se mue rapidement en zone retranchée, tandis que le chancelier Sebastian Kurz condamne «une attaque terroriste répugnante». Robert Schneider, qui habite non loin des lieux du drame, sort de chez lui quand soudain, il se retrouve «avec deux lasers sur sa poitrine».

«Haut les mains, ôtez votre veste», lui lancent des policiers. «Nous, on n’avait rien vu, rien entendu. On est sous le choc», confie cet homme de 39 ans à l’AFP. Alors qu’un calme étrange règne dans les rues vides, des parents inquiets sont à la recherche de leur fille de 17 ans, partie rejoindre des amis à quelques heures du second confinement décrété par le gouvernement pour tenter de stopper la vague de contaminations au coronavirus.

Pendant ce temps, les spectateurs de l’Opéra sortent sous escorte policière, étonnés de retrouver leur ville assiégée, après avoir assisté à la performance du ténor franco-italien Roberto Alagna et de la soprano polonaise Aleksandra Kurzak. Minuit bientôt: les nouvelles restrictions entrent en vigueur, mais soudain la pandémie semble bien loin.

(AFP/NXP)

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