Genève: «On dépasse de loin le fait de revenir à la couture»
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Genève«On dépasse de loin le fait de revenir à la couture»

Une costumière de cinéma propose dès janvier des ateliers textiles dans les écoles genevoises. Premier essai mardi passé.

par
Lucie Fehlbaum
Vanessa Riera proposera aux élèves de créer leurs doudous.

Vanessa Riera proposera aux élèves de créer leurs doudous.

lfe

«On se retrouve à faire des trucs improbables, en travaillant avec les enfants», sourit Vanessa Riera. Costumière, celle qui a œuvré pour de nombreux films, dont «Ma vie de Courgette», s'attelait à une tâche bien particulière, mardi. L'aile d'un perroquet en peluche rechignait à entrer dans une manche de mini t-shirt. Décortiquer l'anatomie du volatile semblait particulièrement délicat alors que résonnaient mille questions, sorties d'une quinzaine de bouches d'enfants: «Ils sont où les ciseaux qui coupent? Je peux prendre ce tissu? On peut mettre des paillettes là?»

En attendant deux prochains films, la costumière, au travail reconnu au-delà de Courgette, s'est tournée vers les enfants pour transmettre son goût de la création textile. Mardi passé, elle inaugurait un premier atelier à la Ferme foraine de Bonaventure, bien connue des écoliers genevois pour ses camps de vacances. Les enfants présents, parfois résidents de foyers, ont pu dessiner et créer des doudous, habiller leurs peluches ou leur fabriquer des accessoires.

Mais c'est avec le Département de l'instruction publique (DIP) que Vanessa Riera s'est lancée à la conquête des écoliers genevois. Si l'on pourrait juger la tâche plus facile qu'un tournage, la couturière dément d'emblée. «C'est superstressant de travailler avec des enfants, ils sont critiques, il faut capter leur attention. Notamment des garçons qui pensent que «la couture, c'est pour les filles». Lors des ateliers Ecole et culture, ils sont obligés d'être là et en général ils adorent.»

Pour Nadia Keckeis, directrice adjointe du programme du DIP, les ateliers que proposera Vanessa Riera dès janvier dépassent la seule pratique de la couture. Loin des chaussettes à repriser, l'atelier mêlera expression artistique et récup'. «Les élèves viendront avec d'anciens vêtements et créeront un doudou. Le stage évoque le passage de la petite enfance à la préadolescence. L'atelier dépasse de loin le fait de revenir à la couture, mais propose d'exprimer une forme de sensibilité. Les élèves expérimenteront notamment diverses techniques plastiques et artisanales en développant des habiletés de motricité globale et fine, en utilisant divers outils, matériaux, supports, formats», a précisé Nadia Keckeis.

Dès janvier, quatre écoles genevoises recevront Vanessa Riera et son assistante pour ces cours de couture artistique.« J'avais besoin de renouveau, a confié la costumière. Je ne veux pas être liée à Courgette pour toujours. C'était un bon départ pour travailler avec les enfants. En tant qu'éducatrice spécialisée (ndlr: sa profession initiale), ce projet permet de mêler les enfants, la culture, les besoins spécifiques de chacun.»

En effet, Vanessa Riera travaillera, en parallèle, pour la Fondation Cap Loisir. «J'avais envie d'offrir à tout le monde la possibilité de suivre un atelier, de créer du textile.» Pour la fondation, qui offre des loisirs aux personnes handicapées, la couturière imaginera les costumes d'un train fantôme humain, où des personnes souffrant d'une déficience mentale joueront les fantômes. La Maison de quartier de la Jonction accueillera ce spectacle en mai.

Mois chargé pour Vanessa Riera, qui vernira un projet mené à la Villa Bernasconi, dans le cadre du festival Mai au parc. Là encore, l'intégration est au cœur de la démarche. «Nous créerons une grosse pièce en tissu, comme une statue. J'animerai cet atelier dès les vacances de Pâques, en compagnie d'enfants malvoyants et des enfants de la commune.»

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