«Gangnam-Sisters»: «On devait les supplier pour avoir de l'eau»
Actualisé

«Gangnam-Sisters»«On devait les supplier pour avoir de l'eau»

Pour la première fois, les deux sœurs thurgoviennes arrêtées le soir du réveillon à New York témoignent du temps qu'elles ont passé en prison.

par
Andreas Bättig/Olivia Fuchs

Isabelle et Silvia, vous avez été arrêtées le 31 décembre à New York parce que vous avez dansé le «Gangnam Style» sur une voiture de police. Qu'est-ce qui s'est réellement passé?

Isabelle: Nous nous étions rendues à New York pour fêter Nouvel-An à Times Square. Juste avant minuit on était dans la 9e Avenue. Soudainement, une foule de gens nous a poussées contre une voiture noire.

Silvia: On a vu que les personnes montaient sur le toit de cette auto pour y danser. On n'était pas sur cette voiture et nous ne l'avons pas détruite. Tout s'est passé tellement vite. Deux policiers en civil se sont approchés et nous ont demandé: «Who fucking made this?» (Qui a fait ça?) Ils nous ont jetées au sol pour nous passer les menottes avant de nous amener au poste.

Qu'est-ce qui s'est passé ensuite?

Isabelle: Ils nous ont pris nos passeports, notre argent et nos portables. Ensuite, ils ont pris des photos et nos empreintes. Ils nous ont aussi scanné l'iris. On a fini la nuit dans une cellule sans même que quelqu'un nous interroge. Un policier nous a dit que les USA allaient montrer à la Suisse ce qu'ils savaient faire.

Silvia: C'était horrible. On devait les supplier pour avoir de l'eau.

Isabelle: Après dix-huit heures, c'était enfin fini.

Mais vous ne pouviez toujours pas rentrer à la maison...

Isabelle: Non. Début janvier, on a dû se présenter deux fois devant le juge. Notre avocat voulait qu'on avoue être coupables. Mais on a refusé, car on n'avait rien fait. Pour finir, on nous a rendu nos passeports et on nous a dit qu'on ne devait pas faire de bêtises aux USA pendant les six prochains mois. C'était la condition pour pouvoir retourner en Suisse.

Vous êtes de retour chez vous. Comment avez-vous été accueillies par vos proches?

Isabelle: La plupart nous ont pris dans les bras et nous ont demandé ce que les Américains avaient fait avec nous.

Allez-vous retourner un jour aux Etats-Unis?

Isabelle: Oui, sans doute. Nous ne sommes pas fâchées contre les USA.

Ton opinion