Energie renouvelable: On devrait pouvoir produire huit fois plus d’électricité à partir du vent

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Énergie renouvelableOn devrait pouvoir produire huit fois plus d’électricité à partir du vent

Selon une étude de la Confédération récemment publiée, la moitié des besoins en électricité de la Suisse pourrait être couverte par de l’électricité d’origine éolienne. Les surfaces forestières offrent d’ailleurs un potentiel particulièrement intéressant.

par
Jan Graber
En Suisse, le potentiel de production d’électricité à partir d’éoliennes est nettement plus élevé que ce que l’on pensait jusqu’à présent. Sur la photo, le parc éolien le plus haut de Suisse, sur le Nufenen.

En Suisse, le potentiel de production d’électricité à partir d’éoliennes est nettement plus élevé que ce que l’on pensait jusqu’à présent. Sur la photo, le parc éolien le plus haut de Suisse, sur le Nufenen.

REUTERS/Denis Balibouse

En 2012, lorsque la Confédération a demandé le calcul des potentiels énergétiques pour l’éolien et le solaire, l’énergie issue d’installations éoliennes affichait un score très modeste, puisqu’on attribuait au vent une capacité de 3,7 térawattheures (TWh) d’électricité par an, contre 15,5 TWh au solaire pour la même période, soit cinq fois plus. À titre comparatif, la Suisse consommait près de 58,1 TWh d’électricité en 2021.

Mais une nouvelle analyse, commandée par l’Office fédéral de l’énergie à l’entreprise météorologique bernoise Meteotest et publiée fin août, estime que la capacité de l’éolien est huit fois plus élevée. Ainsi, si l’ensemble du potentiel éolien était exploité, 29,5 térawattheures d’électricité pourraient être produits en Suisse uniquement grâce au vent. Un chiffre qui correspond à plus de la moitié de la consommation d’électricité suisse de l’année dernière.

Ce retour en grâce de l’éolien n’est ni dû à une plus grande quantité de vent, ni même à une autre méthode de calcul, puisque cette dernière se base toujours sur les données et les vitesses de vent régionales à 100 et 150 mètres au-dessus du sol que l’on trouve dans l’atlas des vents, en l’occurrence celui de 2019. Non, selon cette étude, d’autres facteurs expliquent ce potentiel plus élevé.

Plus d’électricité, moins de protection de la nature

D’une part, de grands progrès ont été réalisés dans la technique des éoliennes. Aujourd’hui, elles peuvent en effet utiliser l’énergie du vent de manière beaucoup plus efficace qu’il y a dix ans. D’autre part, de nouveaux types d’éoliennes ont été développés, spécialement adaptés à une utilisation à l’intérieur des terres. Les calculs de cette étude ont été effectués avec différentes éoliennes, mais toutes conçues pour répondre au mieux à la topographie et aux conditions de vent.

Les bases légales ont en outre changé. La loi sur l’énergie de 2018 autorise désormais l’installation d’éoliennes dans des zones où c’était auparavant prohibé, comme les forêts, les corridors faunistiques, les parcs naturels régionaux d’importance nationale ainsi que d’autres surfaces.

Les zones d’habitation, les inventaires nationaux de protection de la nature et du paysage ou encore les zones constructibles ne sont en revanche toujours pas concernés. L’étude explique que les intérêts de la société ont évolué et que la production d’énergies renouvelables a pris le pas sur la protection de la nature.

Davantage de vent en hiver

Les régions forestières sont particulièrement intéressantes. D’après les calculs effectués, elles pourraient permettre de produire 14,8 TWh d’électricité par an. Le potentiel régional le plus important se trouve dans le Moyen-Pays, avec plus de 20 TWh par an. Suivent le Jura et les vallées alpines, avec 9,1 TWh. Au niveau cantonal, Berne mène le bal, avec un potentiel d’environ 7 TWh, juste devant Vaud, avec près de 6 TWh.

L’analyse montre également que les installations éoliennes produisent plus d’électricité en hiver qu’en été – 19 TWh pendant la saison froide. La raison? Cela tiendrait aux vents de grande ampleur comme la bise ou le vent d’ouest, qui soufflent plus fort en automne et en hiver. En revanche, en été et au printemps, ce sont plutôt des vents thermiques locaux qui dominent.

Qu’est-ce qui est le plus important: l’électricité produite par l’énergie éolienne ou la protection de la nature et du paysage?

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