Actualisé 05.02.2020 à 21:10

Mort de Kobe Bryant

«On dirait que le karma a rattrapé un violeur»

La directrice d'un lycée a présenté ses excuses après avoir laissé entendre sur Facebook que «Black Mamba» méritait de mourir en raison des accusations qui l'avaient visé en 2003.

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La directrice du lycée de Camas (Washington) a déclenché une tempête sur les réseaux sociaux avec un commentaire sur la mort de Kobe Bryant. Le jour du décès de l'ex-star de la NBA, Liza Sejkora a écrit sur Facebook: «Je ne vais pas mentir. On dirait que le karma a rattrapé un violeur aujourd'hui.» Des captures d'écran de la publication de la directrice ont circulé tout au long de la semaine dernière parmi les élèves du lycée, avant de se propager sur les réseaux sociaux.

Contactée par KATU, l'intéressée a confirmé qu'elle était bel et bien l'auteure de ce post. Ironie de l'histoire, Liza Sejkora avait justement donné des conseils au corps enseignant ainsi qu'aux élèves sur les bonnes pratiques à adopter avant de publier quelque chose sur les réseaux sociaux. Aujourd'hui, la directrice dit regretter ses propos: «C'est une expérience personnelle qui a provoqué cette réaction viscérale. Je n'ai pas réfléchi avant de publier et je regrette terriblement», a réagi l'Américaine, qui espère garder son poste.

Les excuses de Liza Sejkora sont loin de convaincre tout le monde à Camas, mais la directrice peut compter sur le soutien de l'administrateur principal. «Je suis gênée d'avoir pris une si mauvaise décision et d'avoir laissé tomber mes étudiants. J'ai communiqué, avec mes professeurs hier soir (réd.: lundi), puis avec les élèves aujourd'hui (réd.: mardi). J'espère que mes regrets me permettront de regagner un peu de confiance pour l'avenir», a ajouté l'Américaine.

Durant l'été 2003, une employée d'un hôtel du Colorado où Kobe Bryant était en rééducation avait accusé la star de l'avoir violée. Le joueur avait alors admis avoir couché avec cette jeune femme de 19 ans, affirmant toutefois qu'elle était consentante. La plaignante refusant de témoigner, l'affaire avait été classée sans suite. Cette histoire avait déclenché une tempête médiatique et l'image de «Black Mamba» s'en était retrouvée fortement entachée. Certaines marques avaient rompu leur contrat avec Bryant, et son mariage avait failli prendre l'eau.

Liza Sejkora n'est pas la seule femme à s'être pris une volée de bois vert pour avoir remis cette affaire sur le tapis après la mort de la star. Quelques heures après le drame, une journaliste du «Washington Post» avait rappelé cette affaire dans un tweet. Immédiatement suspendue, Felicia Sonmez avait alors bénéficié du soutien d'environ 200 de ses collègues et avait été réintégrée à son poste.

«Ce qui s'est passé est tragique. J'ai le cœur brisé pour la famille de Kobe. C'était un héros du monde du sport. C'était aussi un violeur. Et toutes ces vérités peuvent exister simultanément», avait pour sa part tweeté Evan Rachel Wood, star de la série Westworld. De son côté, Abigail Disney, héritière de la dynastie, s'était fendue d'un thread sur Twitter, dans lequel elle demandait aux internautes de «ne pas déifier» Kobe Bryant. «Nous devons le pleurer... mais pas le déifier parce qu'il n'était pas un dieu. (...) Cet homme était un violeur. Acceptez-le.»

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