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«On doit changer toute la stratégie»

Selon Martial Saugy, le directeur du Laboratoire de Lausanne, il faut «affiner» le dépistage de la testostérone.

Suite aux contrôles positifs à la testostérone annoncés la semaine dernière sur les Américains Floyd Landis (cyclisme) et Justin Gatlin (athlétisme), Martial Saugy est d'avis que les méthodes de dépistage de ce produit, mises en place dans les années 1980, sont désormais obsolètes. La testostérone était alors le principal produit dopant dans le sport de haut niveau. Les doses prises par les sportifs «étaient massives».

«On n'est plus dans ce cas de figure actuellement, et donc on doit changer toute la stratégie de lutte antidopage», estime Martial Saugy, dont le laboratoire, accrédité par l'Agence mondiale antidopage, est fréquemment sollicité par le CIO et l'UEFA.

«On doit aller beaucoup plus loin maintenant, faire un suivi longitudinal de manière appropriée et aller chercher dans d'autres directions et pas seulement dans celles explorées jusqu'à présent», a expliqué le scientifique sur les ondes de la RSR. Le dopage à la testostérone, «ce n'est pas de la biotechnologie, du dopage génétique de pointe. On doit simplement affiner le système de contrôle pour aller rechercher ces produits», a poursuivi Martial Saugy.

Le suivi longitudinal est d'autant plus nécessaire que «les athlètes ne sont pas égaux devant le dopage à la testostérone: autant au niveau des effets que de la détectabilité du produit, il y a inégalité, il y a une très grande variabilité entre les individus». Hormone sexuelle mâle sécrétée par les testicules, la testostérone exerce notamment un effet anabolisant sur les muscles.

(si)

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