Bournens (VD): «On est dépassés par l'ampleur de la solidarité»
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Bournens (VD)«On est dépassés par l'ampleur de la solidarité»

Une famille a tout perdu dans un incendie lundi. Leurs voisins, amis et collègues ont lancé une vaste chaîne d'entraide.

par
Caroline Gebhard

«Le téléphone n'arrête pas de sonner! Les gens passent et nous annoncent qu'ils vont venir tout au long de la semaine...» Laurence Halifi, administratrice de Glassconcept à Penthalaz, croulait sous les vêtements et les jouets mardi après-midi. La veille, un mouvement d'entraide avait été lancé sur les réseaux sociaux afin de soutenir la famille du directeur recherche et développement de la société Reto Gfeller, dont la maison a été ravagée par les flammes lundi à Bournens.

Cette chaîne de solidarité, c'est Anne Gross, directrice de la société Atelier T et partenaire d'affaires de Glassconcept, qui en a eu l'idée: «J'ai simplement suggéré qu'on pouvait faire une collecte d'habits et de choses de première nécessité.» Joignant le geste à la parole, elle est passée récupérer des sacs chez des amis qu'elle avait prévenus par téléphone: «Ça me paraissait important de donner de mon temps pour cette recherche d'affaires de première nécessité».

«Ils n'ont plus rien»

Mardi, amis, collègues mais aussi anonymes ont répondu à l'appel. «On a été épatés par l'élan de solidarité qui est né sur les réseaux sociaux: ça a été très vite, se réjouit Laurence Halifi. En urgence, on a demandé des vêtements et des chaussures ainsi que des jouets pour les enfants afin qu'ils aient un petit peu de baume au cœur ces prochains jours.» Un compte bancaire a même été ouvert. «Je dois vraiment remercier toutes ces personnes au nom de la famille Gfeller. Si tout le monde met 20 francs ou 30 francs, ils pourront s'acheter des objets de première nécessité. Ne serait-ce qu'une brosse à cheveux ou un cahier pour les enfants, ils n'ont plus rien!»

A Bournens aussi, les gens se sont mobilisés. «Il y a un problème dans le village et chacun fait ce qu'il peut», notait une habitante, qui a acheté des habits pour les enfants sans même avoir eu vent de la chaîne de solidarité lancée sur Facebook. «J'ai pensé que ça se faisait naturellement car on est un petit village et on se connaît tous bien.» Touchés par tant de générosité, les Gfeller se disent dépassés par tout ce qui leur arrive et n'ont qu'un seul mot à la bouche: «Merci!» Mardi après-midi, face à leur maison sinistrée où leurs deux chats ont fini par réapparaître, ils s'efforçaient de relativiser: «On est tous sains et saufs. C'est clair qu'il faut se reconstruire mais ce n'est que du matériel...»

Venir en aide à d'autres sinistrés

«Les gens nous demandent si la famille Gfeller a besoin de lits, d'objets, de meubles. On leur dit que pour l'heure, on se concentre juste sur les vêtements car ils n'ont pas d'endroit pour stocker le reste mais on est dépassés par l'ampleur de la solidarité!», souligne Laurence Halifi. Au vu des dons importants qui affluent à Penthalaz, une chose est d'ores et déjà certaine: les vêtements et autres objets qui ne serviront pas aux Gfeller iront à d'autres. «Ce sera redistribué à des associations qui viendront elles-mêmes en aide à des gens qui en ont besoin!»

D'autres drames ont suscité pareils élans

En janvier, une ferme est partie en fumée à Vulliens (VD). Là aussi, un élan de solidarité est né sur les réseaux sociaux afin d'aider la famille sinistrée. La commune a même fini par prendre les choses en main et ouvert un compte en banque. A Attalens (FR), où un paysan a perdu sa grange dans un incendie en 2014, voisins et autorités s'étaient également mobilisés et un fonds de soutien avait été créé. Les exemples de ce genre sont nombreux. A Vallorbe (VD), en 2012, une famille d'agriculteurs avait aussi pu compter sur la solidarité populaire pour rebondir.

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