Lausanne – 2000 personnes défilent avec les étudiants contre le pass covid
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Lausanne«On est là pour défendre notre droit constitutionnel à l’éducation»

Quelque 2000 personnes ont défilé pour demander l’abolition du pass Covid pour les étudiants, et certains en ont profité pour dénoncer la politique sanitaire fédérale en général.

par
Pauline Rumpf

De «droit à l’éducation» à «Berset démission», il n’y avait qu’un pas, mardi sur la place de la Riponne à Lausanne. Une manifestation convoquée par le collectif Étudiants sans certificat y a rassemblé quelque 2000 personnes, dont une partie d’universitaires, mais aussi des enseignants, et beaucoup d’opposants de tous âges, fâchés par la politique sanitaire fédérale dans son ensemble.

«Une obligation déguisée»

«À deux semaines de la rentrée, on a changé les règles, et on ne sait même pas ce qu’elles seront après le milieu du semestre, critique Clara, une des coordinatrices de la mobilisation. On nous prive d’un de nos droits élémentaires, et on demande à la Confédération, aux cantons et aussi aux écoles et aux profs de revenir en arrière.» Des collectifs d’enseignants se sont également exprimés contre le pass, et en soutien aux étudiants révoltés, regrettant le manque d’ouverture à la discussion sur le sujet et le risque de discrimination.

Alors que plusieurs institutions genevoises et lausannoises mettent à disposition des tests salivaires gratuits pour se rendre en cours, des étudiants rappellent que cette mesure n’est assurée que jusqu’à mi-novembre, en tout cas dans le canton de Vaud. Concernant la mise en ligne des cours, ils ajoutent que les travaux pratiques, par exemple, sont obligatoires en présentiel. «C’est clairement une obligation déguisée», tranche Tania. «Et franchement, avec le stress des études, on n’a pas besoin de ça en plus», ajoute Charlotte, étudiante à l’Unil.

Interpellé mardi au Parlement sur cette question, le Conseil fédéral n’a toutefois pas dévié de sa ligne.

Pas d’accroc, mais des tensions

Si la manifestation est restée pacifique, bien que non autorisée, des tensions étaient perceptibles entre les différentes extrémités du spectre des opinions en présence. Une étudiante qui, micro en main, demandait aux participants de garder le masque et de respecter les gestes barrières a été huée par certains d’entre eux. Quelques insultes ont fusé, notamment à l’égard des médias ou du conseiller fédéral Alain Berset. Mais une équipe de maintien de l’ordre avait été désignée par les organisateurs et aucun débordement n’a finalement eu lieu, confirme la police lausannoise.

De plus petites manifestations comparables se sont tenues lundi à Bâle et à Lucerne notamment. À Bâle, une centaine de jeunes avaient toutefois tenté de pénétrer dans un bâtiment de l’université, mais se sont dispersés après un contrôle de police.

Francesco Panese, sociologue de la médecine, revenait mi-août sur la notion de liberté vaccinale et ses implications.

Mediaprofil/rmf 08.2021

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