VTT: «On est vraiment chouchouté»
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VTT«On est vraiment chouchouté»

Le junior neuchâtelois Alexandre Balmer part en quête d'une médaille ce jeudi aux Mondiaux de Lenzerheide (16h30). Il a été l'un des grands artisans de l'or du relais suisse.

par
Stéphane Combe
Lenzerheide
Le Neuchâtelois a déjà fêté un premier titre de champion du monde, mercredi, par équipes

Le Neuchâtelois a déjà fêté un premier titre de champion du monde, mercredi, par équipes

Keystone

A 18 ans, le Chaux-de-Fonnier Alexandre Balmer figure parmi les grands espoirs du cyclisme romand. Dans sa catégorie d'âge, il a pratiquement tout gagné à VTT cette saison. Sur la route aussi, il aligne les titres nationaux comme internationaux avec une facilité déconcertante. Après Lenzerheide, il sera à Innsbruck où il fera encore partie des favoris pour les Mondiaux de route. Rencontre.

- Alexandre, vous mesurez 1,92m à 18 ans. Comme votre palmarès, tout est grand chez vous. Mais n'est-ce pas un désavantage à VTT?

Pas tant que ça. En fait, je n'ai pas beaucoup de force dans le haut du corps. Je n'ai pas de bras (rires). Ma soeur me bat d'ailleurs au bras de fer. A l'école, je dois mettre les deux mains, et des fois je perds quand même. Mais sur le vélo, ces muscles ne servent à rien donc mon poids (ndlr: 65 kg) m'avantage, au contraire.

- A Lenzerheide, vous côtoyez tous les cadors de la discipline. Êtes-vous encore un peu impressionné?

Bien sûr, c'est assez fou. Dans le camp suisse, Jolanda Neff est facilement accessible et elle parle français. Avec Nino Schurter, il y a la barrière de la langue, mais c'est incroyable de rouler avec lui, car il a toujours été mon idole. Les premières fois que je lui parlais, je n'osais même pas le regarder dans les yeux! Et là on gagne ensemble le relais pour la Suisse, c'était génial.

- Des Mondiaux en Suisse, ça change quoi?

Ce qui est magnifique, c'est que tout le monde est là. L'année passée en Australie, ça s'était moins bien passé, peut-être aussi parce que j'étais sans ma famille. Tandis qu'ici, c'est une chance de pouvoir partager ces émotions avec eux. J'ai été frappé par tout ce qu'a mis en place Swiss Cycling pour nous accueillir. J'ai l'impression qu'il y a deux membres du staff pour chaque coureur! On est vraiment chouchouté.

- Lenzerheide est un peu le paradis du VTT. Comment est le parcours?

Ce n'est pas forcément celui que je préfère car il n'y a pas d'immenses montées. Il n'y en a qu'une petite au départ. La difficulté est dans le fait que le parcours est très rapide, il faut pédaler sans arrêt. Mais à VTT, on peut faire la différence partout. Ce n'est pas comme la route où les étapes sont destinées à certains profils de coureurs.

- Vous gagnez tellement de courses, comment faites-vous pour garder les pieds sur terre?

J'essaie de vraiment rester sympathique avec les gens. Je me souviens d'un bon moment avec Chris Froome, à une arrivée, où il restait pour parler avec les gens malgré qu'il faisait très froid. L'image qu'on donne au public est importante. La grosse tête, il faut l'éviter depuis tout jeune.

- Est-ce si facile d'alterner la route et le VTT?

Là, j'ai arrêté les compétitions de route après les Européens (ndlr: qu'il a remportés). Le problème, sur la route, c'est que les chutes apparaissent plus vite. Si ça tombe, tu tombes aussi, même si ce n'est pas ta faute. A VTT non. Tu gères tout. Jusqu'aux JO de Paris 2024, ma priorité sera le VTT. Je sais de quoi je suis capable et je suis vraiment motivé. D'ailleurs, heureusement que j'ai un entraîneur, sinon je m'entraînerais trop (rires).

- Avec tous les sacrifices, gardez-vous du temps pour souffler?

Je fais très attention à cela. Je vais toujours tôt au lit. Je n'exagère pas les doses. L'hiver, je ne roule pas à cyclo-cross. C'est là que je profite de ma famille et mes amis. Je ne fais pas non plus toutes les courses du calendrier à VTT ou sur la route.

- Pourquoi la Suisse est-elle si forte à VTT?

Parce qu'on est plus sérieux que les autres. On fait des tests physiques l'hiver pour chaque domaine, on fait des tests de pneus. Rien que sur la route, je vois qu'on cherche moins les détails. Tandis qu'à VTT, on est scientifique à l'extrême. Tout est calculé. Et puis on a des références incroyables quand on fait des tests à Macolin, comme Nino. Je me compare à ce qui se fait de mieux au niveau mondial! On se pousse positivement, et ensuite on veut garder sa place.

- Vous avez beaucoup d'ambition, ça ne vous fait pas peur parfois?

Nino c'est Nino. Il n'a fait que du VTT, on n'a pas le même gabarit. On ne fera pas la même carrière. Mais je vise haut, je sais ce que je vaux mais ce sera autre chose. Gamin, on se voit vite champion du monde. Là, je me rends compte que je commence à avoir des résultats importants. Mais je suis un bosseur, j'ai la meilleure note du canton dans mon apprentissage (ndlr: polymécanicien). Je suis vraiment passionné par ce que je fais.

Alexandre Balmer à l'interview

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