Tuerie de Chevaline: «On était choqués, mais on voulait aider»
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Tuerie de Chevaline«On était choqués, mais on voulait aider»

Un randonneur qui s'est trouvé face à la scène macabre de la tuerie d'Annecy (F) a raconté à un quotidien français sa découverte du lieu du drame, peu après le quadruple assassinat.

par
cbx

«La scène était terrible. On reste figé. Et puis, on commence à se demander si l'assassin est toujours là, quelque part.» L'un des trois randonneurs arrivés sur les lieux de la tuerie de Chevaline (F) s'est confié mercredi au «Dauphiné libéré». Il estime qu'il a évité de peu le ou les tueurs. «C'est passé très juste. On a failli croiser le véhicule qui a dû prendre une autre route. Franchement, même si c'est dommage pour l'enquête, c'est plus rassurant pour nous de ne rien avoir vu de ce drame.»

«On voulait aider»

Arrivé sur les lieux avec deux amies, il n'interviendra pas sur la scène du crime, pensant que toutes les victimes étaient décédées. Ce n'est finalement que huit heures plus tard qu'une fillette de quatre ans sera retrouvée vivante, cachée sous les jupes de sa mère. Elle est désormais en lieu sûr en Grande-Bretagne. Sa soeur aînée reste, elle, toujours à l'hôpital.

«On était choqués, mais on voulait aider», a encore confié le Haut-Savoyard au quotidien français, qui a été entendu par les enquêteurs. Une semaine après ce quadruple meurtre, ce témoin reste encore très marqué par les faits.

L'enquête se poursuit des deux côtés de la Manche

Une semaine après les faits, l'enquête sur la tuerie de Chevaline, dans les Alpes françaises, se poursuivait mercredi des deux côtés de la Manche. Les enquêteurs attendent toujours de pouvoir auditionner la fillette de sept ans, témoin clef du drame, hospitalisée à Grenoble.

«La fillette n'a toujours pas été entendue», a indiqué mercredi matin le service information de la gendarmerie française. Les enquêteurs attendent beaucoup de l'audition de la fille aînée du couple britannique abattu par balles sur une route forestière à Chevaline, en Haute-Savoie, mercredi dernier.

La mère de l'épouse, ainsi qu'un cycliste français, avaient également été tués. Seules les deux fillettes de cette famille d'origine irakienne avaient réchappé à la fusillade.

Gravement blessée, Zainab, sept ans, est la seule témoin à pouvoir peut-être décrire la scène de la tuerie, alors que sa petite soeur de quatre ans cachée pendant huit heures dans la voiture, «a entendu, mais rien vu», selon le procureur de la République Eric Maillaud. Zainab est sous sédatifs après être sortie dimanche du coma artificiel dans lequel elle avait été plongée.

En Grande-Bretange, la police poursuivait mercredi la fouille systématique de la maison anglaise de la famille al-Hilli victime de la tuerie. Dans la grande ceinture verte au sud de Londres, les policiers ont continué leur va-et-vient dans la maison de Claygate, emportant des pièces à conviction à des fins d'examen.

Cinquième journée de fouilles

Ils passent depuis cinq jours chaque pièce au peigne fin. La fouille était menée en présence d'hommes de la police scientifique revêtus de combinaisons, masques et gants de protection. La famille victime de la tuerie sont Saad al-Hilli, 50 ans et son épouse Iqbal 47 ans, britanniques d'origine irakienne, ainsi que sa belle-mère suédoise également née en Irak.

Dans le cadre du volet britannique de l'enquête, sous supervision des gendarmes français, Zaid, le frère de Saad al-Hilli, a été interrogé quatre jours d'affilée depuis samedi. Cette audition en qualité de témoin libre a été interrompue mercredi.

Aucun élément de sa déposition n'a filtré, alors que des informations avaient fait état la semaine dernière d'une brouille de nature financière entre les deux frères, consécutive à un héritage du père décédé l'an dernier en Espagne.

Un des deux juges d'instruction chargé de l'enquête ainsi que le procureur d'Annecy, Eric Maillaud, sont attendus jeudi dans le comté du Surrey pour y faire un point avec les gendarmes français dépêchés en fin de semaine dernière outre-Manche, et avec la police britannique.

Trois pistes

le procureur identifie trois pistes «essentielles»

ANNECY Le procureur de la République d'Annecy a évoqué mercredi trois pistes «essentielles» dans le quadruple homicide de Chevaline (Haute-Savoie): «le métier, la famille, l'Irak», pays d'où était originaire le couple Al-Hilli.

Eric Maillaud et l'un des juges d'instruction doivent se rendre jeudi en Grande-Bretagne où se trouvent «un grand nombre d'explications» à ce drame et où «l'essentiel du travail d'enquête se mène», a-t-il relevé lors d'une conférence de presse.

«Il y a la piste de ce conflit familial entre les deux frères sur fond d'argent ou d'héritage, on ne sait pas encore exactement», a-t-il déclaré. Le frère en question, entendu par les policiers britanniques, «nie l'existence» de ce différend, a rappelé M. Maillaud.

Deux autres hypothèses sont prises en compte par les enquêteurs: le métier et l'Irak. «On a la piste de la profession d'ingénieur de (Saad) al-Hilli et on a la piste de l'Irak, ses origines», a ajouté le magistrat.

M. Maillaud a, sur ce dernier point, relevé la difficulté à obtenir des renseignements de la part des autorités de Bagdad sur les victimes, d'origine irakienne. (cbx/ats/ap)

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