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Ski freestyle«On garde l'esprit freestyle»

Deux Suissesses spécialistes de halfpipe vont vivre un grand moment: elles participeront aux JO dans la discipline qu'elles ont contribué à populariser.

par
Robin Carrel
Virginie Faivre est la Championne du monde en titre le la spécialité.

Virginie Faivre est la Championne du monde en titre le la spécialité.

Virginie Faivre et Mirjam Jaeger ont toutes deux 31 ans et font figures d'anciennes. Interview croisée de la Vaudoise et de son amie zurichoise, avant le départ pour Sotchi, où elles disputeront leurs premiers et probablement derniers Jeux olympiques.

Question: On sait ce que représentent les JO pour un sportif. Mais pour vous deux, c'est un peu différent, non?

Mirjam Jaeger: Virginie et moi, cela fait dix ans que nous sommes dans le sport. On s'est toujours dit qu'on allait pas arrêter avant de vivre cela.

Virginie Faivre: Quand on a commencé dans cette discipline, elle n'était pas au programme des Jeux. Et là, nous sommes en fin de carrière et on va y faire nos débuts. C'est quand même beau d'avoir poussé les choses, d'avoir amené notre sport jusqu'ici. On a participé aux premières Coupes du monde, aux premiers Championnats du monde, aux premiers X-Games et là, ce sont les JO. C'est excellent!

Question: La préparation est-elle différente?

VF: On s'entraîne un peu plus, quand même (rires)...

MJ: Oui, mais c'est peut-être aussi parce qu'on a vieilli!

VF: Plus sérieusement, avec l'arrivée des Jeux, on a désormais une équipe. Avant, on s'entraînait toute seule dans notre coin. Maintenant, on a tous des préparateurs physiques personnels. On est devenus davantage des «vraies athlètes». Tu t'entraînais physiquement tous les jours toi, avant?

MJ: Non...

VF: On faisait du sport, on était tout le temps en train de faire quelque chose, mais pas de la préparation physique spécifique.

MJ: Et il y a aussi les jeunes qui poussent. Le niveau monte.

VF: On s'accroche (rires)!

Question: Ce sont vos premiers Jeux, mais peut-être les derniers...

VF: On va donner tout ce qu'on a, se faire plaisir et essayer de vivre cette expérience au maximum.

MJ: C'est clair. On s'était dit il y a trois ans: «Nous y allons ensemble»...

VF: ... Et là on y est, c'est la dernière ligne droite. Ca me fait plaisir d'y être, rien que d'en parler, j'ai des frissons. On n'est pas encore à Sotchi, mais on a un pied dedans.

Question: En Russie, il y aura des dizaines d'autres sportifs. Vous êtes pressées de les découvrir ou vous êtes focalisées sur votre épreuve?

MJ: Je me réjouis de pouvoir aller découvrir d'autres sports...

VF: ... De voir d'autres athlètes! On a l'habitude d'être toujours avec à peu près le même groupe de freestyleurs: skicross, halfpipe, slopestyle, aerials et bosses. On les connaît. Rencontrer des personnes différentes, cela sera enrichissant.

MJ: Ce qui est vraiment cool, c'est que le monde entier va suivre notre compétition et pas seulement notre scène habituelle. C'est vraiment ça, les JO, et c'est magique.

Question: Les Jeux olympiques sont-ils compatibles avec l'«esprit freestyle»?

VF: Regardez-nous (rires)! Bien sûr. Mais c'est vrai que ce n'est pas la même chose que lors des premières années. Avant, on skiait avec nos potes, on se corrigeait entre nous. On a vécu l'âge d'or. Aux Etats-Unis, on dit qu'on est des «Originals». C'est également dur de se dire que des gens qui ont commencé en même temps que nous, qui ont participé à promouvoir notre sport, n'ont pas réussi à se qualifier. On va essayer de les représenter du mieux possible. La concurrence est énorme, désormais.

MJ: On a gardé cet état d'esprit. Après, c'est vrai que ça a un peu changé. Les jeunes ne vivent pas ce que nous avons vécu... Les Etats-Unis ont sélectionné quatre personnes dont on n'avait jamais entendu parler avant cet été.

VF: Ce sera les JO pour tout le monde, mais pour nous, ce sera quand même un peu spécial. C'est beau de faire partie de l'histoire d'un sport. Avec ou sans médaille au bout, on est fières de participer à toutes les étapes qui ont fait que notre discipline est devenue olympique.

Gian Gilli, chef de mission

– Avec 163 athlètes, la sélection suisse est imposante.

– Le freestyle, une discipline nouvelle, nous permet d'emmener 17 athlètes de plus. En revanche, le patinage artistique ne sera pas représenté.

– Neuf médailles à Vancouver 2010, vous en espérez une de plus cette fois...

– Vu le potentiel de cette équipe, c'est un chiffre réaliste. Nous avons vingt athlètes qui ont la possibilité de monter sur le podium. En prenant les 50% de ces derniers, on arrive à 10 médailles. Mais ça peut être plus. Volontiers!

– Simon Ammann portera le drapeau. Pourquoi?

– La cérémonie d’ouverture s'inscrit parfaitement dans son programme. On avait l'occasion de lui donner cet honneur et on l'a fait. Il est quadruple champion olympique. C'est un personnage extraordinaire et il peut donner une certaine ambiance à cette équipe, qui entrera dans le stade olympique.

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