Annonces du Conseil fédéral - «On joue avec le feu», «Enfin un pas en avant»: réactions contrastées
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Annonces du Conseil fédéral«On joue avec le feu», «Enfin un pas en avant»: réactions contrastées

Politiciens, restaurateurs, médecins, tous ne goûtent pas aux réouvertures de la même manière. Petit tour d’horizon.

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Adeline Hostettler/fec/rmf/ywe
En jeu: la situation épidémiologique, et par conséquent la réouverture de l’économie, pendant l’été.

En jeu: la situation épidémiologique, et par conséquent la réouverture de l’économie, pendant l’été.

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GastroSuisse n’avait pas caché son scepticisme face à la réouverture des terrasses uniquement. Ce mercredi, la faîtière se montre donc à nouveau peu enthousiaste. «C’est un premier pas dans la bonne direction, mais je ne comprends pas pourquoi on ne met pas complètement fin au lockdown pour les restaurants», dit d’emblée Massimo Suter, vice-président de GastroSuisse. Selon lui, il n’est pas logique d’autoriser aux cinémas d’accueillir 50 spectateurs dans leurs salles, mais pas les restaurateurs.

De plus, il met le doigt sur l’inégalité de traitement entre les établissements qui disposent d’une terrasse et ceux qui n’en ont pas. À noter que, comme l’a rappelé le Conseil fédéral, la décision des établissements d’ouvrir ou non n’aura pas de répercussions sur le fait qu’ils continueront à toucher des aides économiques.

«Ce qui est le plus dur pour nous, c’est que ce n’est pas clair pour la suite. On manque de planification, il est vraiment compliqué de s’organiser et de se projeter», poursuit Massimo Suter. Sur ce sujet-là, Alain Berset a glissé lors de sa conférence de presse que la réouverture complète des restaurants sera vraisemblablement abordée au mois de mai, si la situation le permet.

Une «prise de risque est possible»

Médecins aussi sceptiques

Si les restaurateurs trouvent que les décisions ne vont pas assez loin, il n’en est pas de même pour le milieu médical, qui tend à penser qu’elles sont au contraire un peu trop anticipées. «On joue avec le feu, la partie n’est pas encore gagnée et on prend le vrai risque d’une troisième vague», craint Philippe Eggimann, président de la Société médicale de la Suisse romande et de la Société vaudoise de médecine.

Scénario du pire: que la Suisse, par ces réouvertures, ne s’enfonce, au début de l’été, dans une nouvelle vague, alors que nos voisins européens, encore confinés pour la plupart, en sortiront justement à ce moment-là. «On risque de s’isoler. J’admire le pari du Conseil fédéral, mais il faudra qu’il en assume les conséquences», dit-il.

Pour lui, le gouvernement semble avoir un peu cédé à la pression. Il aurait souhaité, à l’instar de ce qu’a fait le Danemark, attendre «que 50% des plus de 50 ans soient vaccinés avant de prendre ces nouvelles mesures».

«Quatre des cinq critères ne sont pas remplis»

La culture dans l’attente

Côté culturel, même si les annonces ne sont en tout cas pas une mauvaise nouvelle, elles ne changent que peu la donne dans l’immédiat. «Pour nous, ça ne change rien par rapport à la situation actuelle. On va rester fermés jusqu’à fin avril. Le programme de mai est aussi quasi inexistant», note Laurence Vinclair, directrice des Docks, à Lausanne.

Des petits événements sont envisagés, mais «on doit faire nos calculs sur la viabilité financière et artistique. Je n’ai pas envie de faire un truc au rabais. Mais à chaud, comme ça, je ne me vois pas organiser un concert pour 100 personnes à l’extérieur des Docks», ajoute-t-elle, tout en admettant que les annonces offrent au moins une petite lueur d’espoir pour juin ou l’été.

«On est heureux d’entendre le mot réouvertures, se réjouit quant à lui Thierry Loup, coprésident de la Fédération romande des arts de la scène, mais on est un peu déçus par rapport à la jauge, beaucoup de salles ne pourront pas rouvrir car elles sont trop grandes pour tourner avec 50 spectateurs. Cela dit, globalement, on se réjouit beaucoup de retrouver le public.»

Partis aussi divisés

Pour les Vert-e-s, les décisions du jour sont «irresponsables et remettent en question les succès antérieurs». «C’est d’autant plus regrettable que la fin de la pandémie est en vue grâce à la mise à disposition accrue des vaccins», dit le parti dans son communiqué. Tout autre avis du côté du PLR. «Enfin un pas en avant!» résume-t-il. Il dit que les mesures décidées sont pleines de bon sens, et en profite pour en rajouter une couche en tapant sur l’OFSP et les lenteurs dans la campagne de vaccination.

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