Frontière mexicaine: On lui demande de choisir entre son père et sa mère
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Frontière mexicaineOn lui demande de choisir entre son père et sa mère

La semaine dernière, une petite Hondurienne de 3 ans a dû dire à un officier de la police des frontières si elle préférait entrer aux États-Unis avec sa maman ou son papa.

par
joc

Une famille hondurienne dit avoir vécu un véritable cauchemar dans un centre de détention de la police des frontières américaines à El Paso (Texas). Un agent s'est approché d'elle pour lui annoncer qu'un seul parent serait renvoyé au Mexique. L'autre pourrait rester sur le territoire américain avec ses trois enfants. Là, selon la famille, l'agent américain s'est tourné vers la cadette, 3 ans, et lui a demandé: «Tu veux aller avec ta maman ou ton papa?» Ne comprenant rien aux enjeux de sa réponse, la petite Sofi a désigné sa mère, «parce qu'elle est plus attachée à moi», raconte Tania à NPR. En voyant son papa être emmené, l'enfant s'est mise à sangloter. L'officier l'aurait alors grondée: «Tu as dit que tu voulais aller avec ta maman.»

Les Honduriens avaient demandé l'asile en juin dernier depuis le Texas. Lors d'une audience le 10 juillet, leur avocate, Linda Rivas, a demandé qu'ils soient retirés du protocole de protection des migrants (MPP) en raison de la maladie cardiaque dont souffre Sofi. Le lendemain, un médecin a examiné l'enfant et assuré à la police des frontières qu'elle était bel et bien atteinte d'une grave maladie, explique «L'Obs». On a alors annoncé à Tania qu'elle était autorisée à entrer aux États-Unis, mais seulement elle et ses enfants. Le médecin a eu beau insister, rien n'y a fait. C'est à ce moment-là que l'agent américain aurait posé cette fameuse question à Sofi.

Un père et sa fille se noient au Rio Grande

Le Salvador s'émouvait mercredi du sort tragique d'un père et de sa fillette de 2 ans, noyés en tentant de rejoindre les Etats-Unis.

Après d'âpres négociations avec le médecin, la police des frontières a finalement accepté de laisser entrer toute la famille sur le territoire américain. Elle a rejoint des proches dans le Midwest. Selon le médecin qui a aidé les Honduriens, l'agent n'avait pas le droit d'imposer un tel choix à la fillette. Selon 7 sur 7, une enquête pourrait être ouverte pour faire la lumière sur les méthodes de l'officier.

Plus de 100'000 migrants arrêtés chaque mois

Mardi, plusieurs associations de défense des migrants ont demandé à la justice de bloquer la décision du gouvernement de Donald Trump de verrouiller l'asile à la frontière sud des États-Unis. Une nouvelle réglementation, annoncée lundi, prévoit le rejet de toutes les demandes d'asile présentées par des migrants n'ayant pas sollicité le statut de réfugié au Mexique ou dans d'autres pays traversés sur leur route vers les États-Unis.

Elle «interdit de fait à tous les non-citoyens fuyant des persécutions d'obtenir l'asile aux États-Unis s'ils traversent un autre pays sur leur chemin», selon la plainte déposée devant un tribunal de Californie. Elle «s'inscrit dans un effort illégal pour réduire significativement, ou tout bonnement éliminer, le système d'asile américain à la frontière sud», écrivent encore ses auteurs, en demandant au tribunal d'empêcher son application.

Depuis mars, plus de 100'000 migrants, dont de nombreuses familles avec enfants, sont arrêtés chaque mois à la frontière sud des États-Unis, où les structures d'accueil ou de rétention sont engorgées. Il s'agit essentiellement de personnes fuyant la violence et la misère du Honduras, du Guatemala et du Salvador. (joc/afp)

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