Transports: «On ne fait que déplacer le problème»
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Transports«On ne fait que déplacer le problème»

La CGN a édicté des règles strictes dans ses bateaux afin d'éviter la propagation du coronavirus. Cependant, les usagers déplorent le manque de mesures à quai.

par
Valentina San Martin
La CGN a décidé d'augmenter la cadence entre Lausanne et Evian.

La CGN a décidé d'augmenter la cadence entre Lausanne et Evian.

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Ce lundi matin, comme souvent, nombreux étaient les frontaliers qui attendaient sur le quai d'Evian (F) de monter dans le bateau de la CGN qui leur permet de venir travailler à Lausanne. Sauf qu'en ce début de semaine, la foule semblait plus compacte. C'est ce qu'a noté Eric, chef cuisinier français employé dans la capitale vaudoise: «C'est plutôt habituel qu'il y ait beaucoup de gens qui attendent. Mais, avec la suppression de la ligne N2, il y avait encore plus de monde.»

Des règles strictes dans les transports

En effet, en vue de limiter la propagation du Covid-19, et soucieuse de participer au recul de la pandémie, la CGN a modifié son offre vendredi dernier. La compagnie a ainsi supprimé la ligne N2 (Lausanne-Thonon) pour en rediriger les passagers sur la ligne N1 (Lausanne-Evian), renforcée aux heures de pointe. Le but: avoir davantage de bateaux sur certaines lignes mais y autoriser moins de personnes à l'intérieur, afin de respecter les recommandations de distance entre chaque passager.

Des espaces extérieurs surchargés

Par conséquent, les usagers habituellement en partance de Thonon (F) étaient, dès lundi, obligés de se rendre à Evian, augmentant ainsi d'autant le nombre de personnes massées à quai. De quoi inquiéter les passagers qui s'interrogeaient sur les mesures de lutte contre la propagation du virus. «Il y a un compteur à l'entrée du bateau et de l'espace à l'intérieur, ce qui est agréable. Mais à l'extérieur, il a beaucoup de gens qui attendent. Et même si on fait attention, l'effet de masse prend le dessus et tout le monde est à l'étroit», déplorait ainsi Eric, avant d'ajouter: «On ne fait que déplacer le problème.»

La CGN développe son offre transfrontalière

La Compagnie générale de navigation sur le Léman (CGN) a commandé deux nouveaux bateaux. Disponibles dès 2022, ils permettront de renforcer l'offre entre la Suisse et la France, tout en étant moins polluants grâce à une technologie hybride.

Compter sur la responsabilité individuelle et collective

De son côté, la CGN a expliqué lundi qu'elle n'avait pas eu connaissance d'un nombre inhabituel de personnes attendant à l'extérieur des bateaux. La compagnie a précisé qu'elle comptait sur la présence d'esprit des usagers afin qu'ils respectent les règles sanitaires de base recommandées par l'OFSP, c'est-à-dire éviter de se déplacer aux heures de pointe, bien se laver les mains et garder ses distances avec les autres.

Du côté des TL, tout va bien

Depuis vendredi, les Transports publics lausannois ont aussi instauré de nouvelles mesures strictes, comme la fermeture des portes avant des bus, la suspension de la vente de billets par les chauffeurs sur les lignes régionales ou encore le nettoyage quotidien de tous les véhicules. Quant aux mesures supplémentaires, comme la gestion des espaces extérieurs où nombreux pourraient être les usagers à attendre leurs correspondances, les TL indiquent ne pas être concernés directement par cet aspect. Comme l'explique son service de presse, «toutes les mesures concernant les transports publics en Suisse sont placées sous la responsabilité de CFF et de CarPostal. Quant aux arrêts, ils sont placés sous la responsabilité des communes.»

De leur côté, les TL ont constaté une baisse générale de la clientèle dans les principaux lieux d'interaction et d'échange, depuis le début de la crise du coronavirus. Malgré tout, la société indique vouloir maintenir la globalité de son offre afin de permettre à tout le monde de garder ses distances dans ses véhicules.

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