Actualisé 14.11.2019 à 09:05

«Temps présent»

«On ne peut pas continuer à justifier ces souffrances»

«Temps présent» s'intéresse aux antispécistes, souvent mal compris par le grand public. La militante Pia Shazar nous explique son combat.

de
Ludovic Jaccard

Dans le monde, plus de 70 milliards d'animaux sont tués chaque année dans les abattoirs. En Suisse, on en compte 77 millions. Face à cette réalité, de plus en plus de personnes se battent pour que l'exploitation des bêtes prenne fin. Les antispécistes diffusent en Suisse leur message à coup d'images choquantes, mais bien réelles, et d'actions radicales: occupation d'abattoirs, libération d'animaux, caillassages de boucheries. Ces militants sont ainsi souvent traités d'«écoterroristes», jugés, voire emprisonnés. Un activiste, détenu à Genève depuis fin 2018, a récemment été condamné à 12 mois ferme pour des actes de vandalisme en lien avec la cause animale.

Pourtant, leur combat rejoint nombre d'études scientifiques qui affirment en effet qu'il n'est plus possible de consommer autant de viande si l'on veut sauver la planète. Dans ce numéro de «Temps présent» diffusé jeudi 14 novembre 2019 à 20h15, sur RTS1, les témoignages d'antispécistes font état de cette urgence souvent niée par le grand public. «Il y a quelque chose de culturel dans le fait de manger de la viande. Certaines personnes ont de la peine à remettre en question des traditions, mais la société évolue. Elle a toujours remis en question des traditions pouvant être mauvaises», explique Pia Shazar, membre de l'association PEA à «20 minutes». Pour cette militante vaudoise de la cause animale, manger de la viande fait «un tort immense et inadmissible» à des millions d'individus. «On ne peut pas continuer à justifier de telles souffrances, juste par habitude», déplore-t-elle.

Les animaux sont des êtres «sentients»

Alors, quand un boucher de Sainte-Croix prétend dans le reportage qu'un animal «ne ressent pas la mort quand il est dans un abattoir», il y a de quoi faire bondir la Lausannoise de 29 ans. «Les bêtes qu'on consomme sont des êtres sensibles qui ressentent tout. Il n'y a aucun débat au sein de la communauté scientifique quant à la question de savoir si les animaux peuvent souffrir ou non», dit-elle. Quant à ceux qui trouvent les agissements des antispécistes extrémistes, Pia sait quoi leur répondre. «Il y a une mauvaise foi de leur part. Ils sont focalisés sur la forme et non sur le fond. Il y a plein d'actions différentes dans la lutte antispéciste. Ceux qui les considèrent toutes comme extrémistes ont une volonté de ne pas être à l'écoute du pourquoi de ces actions.»

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