Las Vegas: «On ne pouvait pas empêcher cette tragédie»

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Las Vegas«On ne pouvait pas empêcher cette tragédie»

Le débat sur la sécurité dans les hôtels a été ravivé par la terrible fusillade de Las Vegas. Des experts donnent leurs avis.

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Un an après le drame, Las Vegas a rendu hommage aux 58 victimes de la fusillade la plus meurtrière de l'histoire récente du pays. (Mardi 2 octobre 2018)

Un an après le drame, Las Vegas a rendu hommage aux 58 victimes de la fusillade la plus meurtrière de l'histoire récente du pays. (Mardi 2 octobre 2018)

AFP
Un Américain est poursuivi pour avoir vendu illégalement de puissantes munitions au tueur de Las Vegas. (Vendredi 2 février 2018)

Un Américain est poursuivi pour avoir vendu illégalement de puissantes munitions au tueur de Las Vegas. (Vendredi 2 février 2018)

AFP
Le shérif de Las Vegas Joe Lombardo annonce dans une conférence de presse que le FBI a ouvert une enquête sur une deuxième personne qui pourrait avoir été impliquée dans le massacre de Las Vegas. (19 janvier 2018)

Le shérif de Las Vegas Joe Lombardo annonce dans une conférence de presse que le FBI a ouvert une enquête sur une deuxième personne qui pourrait avoir été impliquée dans le massacre de Las Vegas. (19 janvier 2018)

Keystone

La fusillade de Las Vegas, la pire de l'histoire américaine récente, a ravivé le débat sur la sécurité dans les hôtels et les sites de spectacle. Nombreux sont toutefois les experts qui estiment que rien n'aurait pu empêcher la tragédie de dimanche.

Si les événements sanglants comme celui de dimanche entraînent à chaque fois un surcroît de mesures, ils soulignent la difficulté d'anticiper de nouvelles attaques par des assaillants qui conçoivent toujours des façons inédites de frapper. «On ne pouvait pas empêcher cette tragédie. Un point c'est tout», estime Patrick Brosnan, ancien policier de New York devenu consultant en sécurité.

Les hôtels sont des lieux ouverts où l'on pénètre très facilement: pas de détecteurs à métaux aux entrées et les bagages ne sont quasi jamais contrôlés. Particulièrement dans de grands hôtels-casinos comme ceux qui ont fait la réputation de Las Vegas, avec ses 150'000 chambres d'hôtel. Le tireur de Las Vegas a donc réussi sans difficulté à installer un arsenal d'une quinzaine d'armes à feu à l'hôtel Mandalay Bay.

«Les gens amènent de gros sacs dans les hôtels, ce n'est pas un signe inquiétant», remarque Richard Frankel, ancien agent du FBI et professeur assistant d'études en sécurité intérieure à St. John's University. Les casinos sont cependant plus surveillés que les lobbys d'hôtels.

Récemment, les attentats commis à la Manchester Arena et au Bataclan à Paris ont conduit à un renforcement de la sécurité dans les salles de concert. Les attentats du 11 septembre 2001 avaient également conduit à la mise en place de protocoles de sûreté accrus dans les aéroports.

Contourner toutes les mesures

A Las Vegas, le tireur sexagénaire a contourné toutes les mesures prises pour protéger le lieu du concert de musique country qu'il a visé. Il s'est installé en hauteur, au 32e étage de l'hôtel situé en face, arrosant 22'000 spectateurs d'une pluie mortelle de balles, tuant au moins 59 personnes et en blessant plus de 500.

Il est possible de mieux surveiller ce qui rentre dans les hôtels et les casinos, mais ces établissements doivent «conserver un équilibre entre la sécurité et le fait de rester des lieux accueillants» où les gens viennent s'amuser et se détendre, remarque Jason Porter, vice-président de la société de services de gestion des risques Pinkerton.

Patrick Brosnan estime possible de contrôler les bagages dans la mesure où c'est faisable économiquement et où cela ne paralyse pas l'activité de ces lieux par des queues monstrueuses faisant ressembler la réception des hôtels aux interminables files d'attente d'aéroport.

Des caméras analytiques peuvent aussi aider à détecter les armes. Richard Frankel évoque quant à lui de nouveaux protocoles avec des tireurs sur les toits, des hélicoptères ou des drones pour permettre d'intervenir plus vite lors de grands rassemblements. Mais le risque zéro n'existe pas.

Coût et vie privée

«Pour arrêter ça, il faudrait installer un détecteur de métaux devant chaque porte, avec des officiers et des caméras à chaque point d'entrée, et des gens pour les surveiller. On ne peut pas faire ça», soutient Shawn Engbrecht, président de la société de protection CASS Global Security.

Vu le trafic dans les hôtels de Vegas, ce serait trop coûteux, sans parler des atteintes à la vie privée dans une ville surnommée «Sin City» (la ville du vice). Las Vegas, capitale des jeux d'argent, pourrait voir son image épicurienne souffrir et rebuter certains des 43 millions de visiteurs annuels ce qui pèserait sur des recettes de 60 milliards de dollars par an.

Quant à interdire ou réglementer la détention d'armes à feu aux Etats-Unis, protégée par le deuxième amendement de la Constitution, ni Donald Trump ni le Congrès ne semblent prêts à faire bouger les lignes. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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